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Vivre avec la mort (?): Présentation du libraire

 

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L’Ecclésiaste le dit bien : « Le cœur des sages est dans la maison de deuil ». La prise de conscience de la mort, et l’ombre de vanité qu’elle porte sur l’existence, est l’une des questions les plus sérieuses qui nous soit posée. 

         Dans ce petit livre de la collection « Eclairages », dont nous avons déjà vanté les mérites, Lydia Jaeger expose ce que la Bible nous dit de la mort. La mort physique, qui n’est pas si « naturelle » qu’on veut bien le croire, intervient suite à la chute ; mais elle est le signe d’une réalité plus grave : la mort spirituelle, conséquence de la séparation d’avec Dieu.

 

Car l’auteur montre bien que par sa corporalité, l’homme est solidaire de la nature : il ne possède pas l’immortalité en lui-même, mais par communion avec Dieu, au travers de l’arbre de vie (Gn 1). Potentiellement mortel (s’il désobéit), il ne se résume pourtant pas à la biologie : il est une « âme vivante », et cette dignité particulière, qui le distingue du monde animal, rend sa mort autrement dramatique. 

         De ce fait, les sciences (surtout les neurosciences) n’ont rien à nous dire sur notre devenir ultime : sa méthode et ses outils, limités au visible, sont par définition impropres à rendre compte du tout de l’homme ; elles restent muettes sur sa survie au-delà de la mort. D’où une mise au point, très claire et bienvenue, sur l’anthropologie biblique, qui nous révèle la manière dont l’homme a été créé, constitué, et ce qu’il advient de lui dans la mort.

         Se pose alors la question des « expériences de mort imminente » (EMI), que Lydia Jaeger aborde avec prudence ; que penser bibliquement des visions ou messages reçus par des gens dans le coma ? Le silence des Ecritures est éloquent ; s’y ajoute le problème que les personnes en état de « mort imminente » ne sont pas mortes ; qu’ont-elles vu alors ? Devant l'engouement (dont témoigne un best-seller évangélique comme Le ciel ça existe pour de vrai?), je m'attendais à une posture plus critique. 

         L’auteur préfère insister sur la spécificité du message chrétien : l’Evangile est centré sur la nouvelle incroyable d’un homme relevé d’entre les morts, Jésus-Christ. Notre espérance est une personne. Jésus, fils du Dieu vivant de toute éternité, n'a pu être retenu par la mort; par cette victoire, il précède tout ceux qui placeront leur confiance en lui pour les sauver de la mort, sur le chemin de la résurrection. 

         Une telle vérité, mise en relief par une comparaison avec la mort de Socrate, oriente notre vie dès aujourd’hui : par rapport au deuil, par rapport à l’angoisse, par rapport aussi à l’accompagnement des mourants. Plutôt que de refouler la mort (comme c’est le cas en Occident, où nous avons les moyens de la cacher ou de la retarder), nous sommes appelés à prendre soin des anciens qui s’en approchent, des malades, et à leur communiquer cette espérance vivante. 

         La fin du livre déçoit un peu, comme en général la nouvelle eschatologie évangélique influencée par le post-millénarisme, qui persiste à voir dans la nouvelle création un simple accomplissement-restauration du monde présent ; comme dirait l’apôtre, les évangéliques « veulent ignorer que… par la même parole, les cieux et la terre d'à présent sont gardés et réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies. » (2 Pi 3.7) Et puis franchement, terminer sur une citation de Saint Ignace… à croire que le discernement ne vaut que pour la théologie, et que la spiritualité pourrait se nourrir à toutes les sources.      

       Cela dit, j’en conseille vraiment la lecture (avec peut-être une mension spéciale pour les soignants) : fort bien rédigée, elle va à l'essentiel. Décidément, j'aime bien cette collection ; je trouve qu'elle fonctionne ; on l’attendait. 

Le livre se termine sur une contribution de Charles Nicolas, pasteur et aumônier des hôpitaux à Alès sur la fin de vie et la foi, pleine de sensibilité et d’expérience.

SZ

 

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