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théodore de bèze

  • Les #100 livres cultes du protestantisme

    La foi sur le théâtre du monde.

     

    #88 Théodore de Bèze, Abraham sacrifiant (1550), Honoré Champion

     

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  • "Ce que nos pères chantaient": paroles et affiche

    Vous pouvez télécharger ici le fichier de l'affiche:

    Affiche - Ce que nos pères chantaient.png

    Téléchargez ici les paroles des cantiques (possibilité d'imprimer en plus gros caractères) : Livret des paroles de Ce que nos pères chantaient.

    Voir aussi : toutes les infos du CD sur le mini-site de présentation.

  • Le protestantisme et son ventre

    9173.jpg

    Un livre savoureux (relié, illustré) où la théologie entre dans la cuisine.

     

    Luther était gras et fier de l'être. Son embompoint était à la fois revendication et polémique contre le catholicisme. Pour Calvin, la même lutte contre l'Eglise le fait écrire dans son Institution : "Leur ventre leur est pour Dieu, et la cuisine pour religion". Luther, toujours lui, forge l'ironique "théologastre" ("théologien du ventre") pour railler les sorbonnagres. 

    8457.jpgDu péché de gourmandise à la dispute, le ventre est un terrain éminement théologique. Autour de la table eucharistique, papistes et calvinistes s'assassinent à coups de "mangedieu" ou de "chiedieu". Car si Dieu est réellement présent dans le pain et le vin, qu'advient-il de sa substance digérée? Frank Lestringant, dans son Une sainte horreur ou le voyage en eucharistie, cerne l'enjeu (souvent vomitif) de la querelle : la conception de la Cène catholique romaine rejoint le cannibalisme. 

    La question atteint le jeûne, la pénitence et ses mérites supposés. De là certains passages hilarants des Satyres chrestiennes de la cuisine papale de Théodore de Bèze : 


                          

    Monde hebeté, monde abrutti,6213 (1).jpg

    Qui par le bouilli ou rosti,

    Penses mériter plus que douze

    Pour aller jusqu'en paradouse. [...]

    O grimace bien résolue,


    O trongne de bec de morue,

    Monsieur le penitenciaire

    Maistre queux en l'art culinaire,

    N'oubliez pas de dire en somme,

    Souvienne-toy que tu es homme. (p.112-113)

     

    Le carême est négation de l'homme, et l'hypocrisie papiste ("grimace bien resolue") affecte une privation qu'elle se charge bien de remplir par ailleurs. Ce qui permet aux réformés de dépeindre un clergé ripailleur et débauché.

    Dans son très "bon" livre sur La gourmandise, histoire d'un péché capital, Florent Quellier montre (je simplifie) que la ligne de séparation est celle de la mesure; le calvinisme ne diabolise ni ne sublime la gourmandise. Il l'absout par la tempérence. En revanche, le catholicisme favorise le paradoxe de la sensualité culinaire et de sa condamnation. Hypocrisie et transgression ont chacune leur saveur.

     

    Sa conclusion mérite une citation, qui épingle les discours contemporains moralisateurs sur ce qu'il faut ou ne faut pas manger (la dictature du diététique, du bio et du svelte), que l'on retrouve jusqu'en protestantisme (cette nouvelle mode du carême!):

    "Le retour en force d'un joug médical pesant et d'un discours diététique moralisteur a réactualisé le péché de Gula dans des sociétés pourtant marquées par un recul historique des Eglises chrétiennes. Fortement culpabilisantes, les prescriptions nutritionnelles entretiennent la notion d'un péché contre son corps mais aussi contre la société. Dès lors, la gourmandise est perçue comme une faiblesse sociale, morale et psychique, le gourmand comme un potentiel délinquant nutritionnel. Les expressions "craquer", "faire un écart", "faire une entorse" disent le manque de volonté face à la tentation, révèlent la notion de faute mais aussi de transgression d'un idéal alimentaire devenu une norme : le régime minceur." (p.214)