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société de contrôle

  • Dans la nuée : réflexions sur le numérique

    Capture d’écran 2015-11-26 à 20.03.51.pngLe dernier prix Bristol des Lumières a été décerné à Byung-Chul Han, pour son essai Dans la nuée, réflexions sur le numérique (Actes Sud).

    Il n'est pas évident de penser le numérique (tant le numérique participe à l'engourdissement de l'analyse), et les modifications profondes qu'il engendre dans notre rapport au monde, à la société, à la politique, à l'altérité.

    Mais dans ce bref écrit (une centaine de page), le philosophe met à jour les tensions entre la galaxie Google et la liberté. Pour lui, le véritable problème se situe à l'interface du public et du privé; l'abolition de cette frontière conduit d'une société de la transparence à une société du contrôle auquel les individus se soumettent par un désir personnel :

    "La société de contrôle est accomplie lorsque ses membres se confient non plus sous l'effet d'une contrainte extérieure mais sous l'impulsion d'un besoin personnel, lorsque la peur de dévoiler sa sphère privée et intime est remplacée par le besoin impudique de l'exposer au grand jour, c'est-à-dire, par conséquent, lorsque la liberté et le contrôle sont devenus indistinguables." (p.94).

    L'aliénation est d'autant plus indolore qu'en congédiant le réel, le virtuel fait entrer le citoyen dans un monde de positivité pure (Facebook ne permet que des J'aime) ; il remédie à la souffrance de l'homme concret, pris dans des dialectiques douloureuses liées à "l'ordre terrestre" (Heidegger): entre l'amour et la haine, le passé et le futur, entre le proche et le lointain (le numérique est présence immédiate), etc... Or ce sont ces tensions dialectiques du réel qui obligent l'homme à réfléchir.

    L'auteur dresse ainsi l'inventaire des enjeux de notre consommation digitale. C'est fin et ciselé, et peut-être nécessaire à modérer notre engouement pour les possibilités de la Toile.