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philosophie

  • De l'accélération à l'aliénation : une critique des temps modernes

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    L’Ecclésiaste écrivait qu’ « il y a un temps pour chaque chose ». Le respect de la succession des temps, qui invitait à relativiser l’importance du présent tout en le vivant pleinement, était un enseignement de la Sagesse. A la succession des temps (un temps pour se réjouir, un temps pour pleurer, un temps pour aimer, un temps pour faire la guerre…) devait correspondre une attitude appropriée : on ne peut pas tout vivre à la fois; on ne peut être partout à la fois; on ne peut pas tout faire en même temps. Au contraire, un « temps » équivaut à une « tâche », que l’on mène à son terme en s’y « consacrant ». L’acceptation de l’écoulement du temps, de ses rythmes naturels et biologiques, et de ses alternances, contenait une promesse de paix.
     
    Or, comme le montre brillamment Hartmut Rosa dans son petit livre Aliénation et accélération, le temps dans la modernité tardive est soumis à une triple accélération :

     

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  • Ecrits philosophico-théologiques sur le christianisme

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    Derrière ce titre un peu impressionnant se cache une recueil d'articles à découvrir absolument.

     

    Charles-Eric de Saint-Germain, dont on aura déjà pu lire La défaite de la raison (Salvator), nous donne une série de leçons philosophiques en rapport avec des thèmes majeurs du christianisme : l'amour, le plaisir, le corps, la violence... ainsi qu'une réflexion passionnante sur "Peut-on être chrétien et Franc-maçon?" (en se basant sur les différences entre révélations bibliques et ésotériques dans la quête de la sagesse) ou une introduction aux stades de l'existence chez Kierkegaard.

     

    Les avantages d'une telle lecture sont nombreux. Outre l'initiation à certains auteurs, elle donne au croyant une perspective critique sur les idées et les tabous de la modernité (que l'on gobe parfois sans y faire attention, et sans se rendre compte que l'on abandonne sa liberté), tout en affermissant certaines convictions fondamentales.

     

    Comme souvent, la limite du livre vient du statut que l'on confère à la raison dans l'intelligentsia évangélique. Le "refus de sacrifier la raison sur l'autel de la foi" qui caractérise les démarches apologétiques et systématiques sont un point aveugle de la culture occidentale que ces théologiens se gardent bien de critiquer. La Raison est un dieu décidément bien installé, un de ces hauts-lieux dont on conserve le culte à côté de celui rendu à Dieu. Le lecteur trouvera néanmoins dans ce livre une réflexion importante et nécessaire, que nous ne pouvons qu'encourager.

     

    Table des matières.

  • Egobody, l'homme qui a perdu son âme

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    Robert Redeker est un philosophe aussi perspicace que courageux. Ayant osé, dans une tribune du Figaro de 2006, dénoncer les intimidations islamistes touchant à la laïcité, il est aujourd'hui victime d'une fatwa et vit sous protection policière. A ce jour, en France, il existe un réel danger lorsque l'on pense et s'exprime librement - et, sans doute, la véritable pensée est-elle toujours menacée, ce qui en augmente et la valeur, et l'intérêt.

     

    Première raison de se pencher sur son essai Egobody, La fabrique de l'homme nouveau (Fayard).

     

    L'homme nouveau - celui qui, fabriqué par la société matérialiste, vit en tension au milieu des écrans, relié, comme en intraveineuse, par cent tentacules électrisées à cent gadgets connectés, pris en charge par la sécurité sociale, l'humanitaire, le sport, la publicité, voué au culte de la santé et de la performance - cet homme-là a perdu son âme. Comme l'écrit l'auteur : "l'âme et l'ego, ces deux instances qui jusqu'ici constituaient l'identité de l'homme, sont confondus avec le corps, rabattus sur lui" (p.199).

     

    La perte de conscience que l'homme possède une âme est la mutation anthropologique la plus importante et la plus terrifiante du siècle passé : elle est la voie d'une négation de l'humanité en l'homme. Amputé de son intériorité et privé de transcendance spirituelle - dont l'âme est la condition de possibilité - l'homme se voit condamné au désespoir devant la mort. D'où l'attrait pour un corps immortel, une obnubilation par la santé, la jeunesse, le "mental" (contraire de l'âme, le mental est l'esprit conditionné par l'exigence de performance), le sport. 

     

    Redeker développe alors dans des chapitres aussi brefs que percutants, les causes et les conséquences d'une telle privation, nous livrant la radioscopie complète d'un homme réduit à sa matière corporelle, entre le zombie et le robot ; un excellent point de départ pour analyser le danger d' "asphyxie spirituelle" dans lequel nous place notre univers social.

     

    Robert Redeker, Egobody, La fabrique de l'homme nouveau, Fayard, 2010.

  • Les #100 livres cultes du protestantisme

    Le procès du Siècle. Excellent. Méconnu. Fondamental.

     

    #95 Jean Brun, Le retour de Dionysos, Les bergers et les mages, 1976

     

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  • Olivier Rey revient à la Librairie Jean Calvin

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  • Pop Théologie

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    Blue Jean Calvin Klein, Philippe François, De Calvin à Godard (1509-2009)

    La Réforme de la Réforme

    Philippe Muray l’avait écrit dans les années 80 : « Le monde est plein d’idées protestantes devenues folles ». Sous la plume de Muray, ce n’est pas un compliment. Chez Mark Alizart, en revanche, l’idée permet d’éclairer tout un pan de notre postmodernité.

    Protestants et modernes ont en effet cru à leurs destins communs, et ce lien a été théorisé, sur un certain plan, par Max Weber. L’éthique du protestant qui n’a plus à se préoccuper de « faire » son salut, c’est le « devoir » (beruf) ; et le « devoir » comme style de vie, est productif : le travail devient une vocation et la tempérance une ascèse « intra-mondaine ». Peu de dépenses, beaucoup de labeur, ce sont les clefs de la réussite capitaliste. Mais ce sont aussi les clefs d’un « désenchantement du monde » : sous leur action, le réel devient un outil à rationaliser et la société se sécularise.

    Cette impulsion enracinée dans la Réforme (le puritanisme surtout) connaît avec le temps, et en raison de son succès, un épuisement, une « pétrification ». La doctrine qui fut libératrice sur le plan spirituel, devient mécaniquement une nouvelle Loi – une « cage d’acier » – étendue à la société toute entière.

    Pour Mark Alizart, les Réveils protestants des XVIIIe-XIXe – piétistes et méthodistes – ont alors correspondu à une Réforme de la Réforme, et, par leur ampleur, à une réforme de la modernité occidentale. Ainsi :

    C’est grâce à eux qu’une « postmodernité » consistante est née, par quoi s’entend non pas une modernité continuée, mais une modernité régénérée, ou plutôt réformée, partant « enchantée ». » (p.17)

    Le Réveil, en s’infusant dans la culture moderne, lui donne un nouvel élan, non plus fondé sur le « devoir » de la réussite matérielle, mais sur celui de la « construction » de soi (Bildung). Car le Réveil remet l’individu au centre du Salut ; voilà pourquoi naissent à cette époque les romans d’apprentissage (Bildungsroman), la sensibilité romantique du « moi », etc.

    Dans cet essai qui embrasse large (théologie, sociologie, philosophie, histoire, histoire de l’art, etc…), au risque de mal étreindre, Mark Alizart réussit néanmoins une mise en perspective audacieuse et très intéressante. Du « Enjoy » de Coca-Cola, centré sur l’épanouissement individuel, aux grandes figures (et théories) de l’art contemporain, en passant par les références évangéliques des blockbustersLa Guerre des étoiles) et des love songs, les racines protestantes de la culture pop deviennent transparentes. Jusque dans cette mentalité égotiste, où la foi n’est plus qu’un mot pour désigner la force de se réaliser soi-même.

    Mark Alizart est philosophe et critique d'art.

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  • Jean Brun (3) : Surabondance

    jean brun,protestantisme,philosophie,histoire de la philosophie,protestantisme et philosophieJean Brun mérite une (re)découverte et fait partie de ces penseurs que les protestants devraient lire. Parmi ses meilleurs livres, il y a L'Europe philosophe, une introduction à la philosophie (européenne), dont il dresse un brillant panorama synthétique et (puissamment) critique. Une sorte d'histoire de la philosophie à la lumière de l'Ecclésiaste, valable tant pour les étudiants que pour les curieux.

    Voici donc notre dernier volet de présentation : lire la suite.

     

     

  • Jean Brun (2) : L'absence et l'angoisse

    Capture d’écran 2015-03-13 à 15.04.55.pngSuite à la parution aux éditions Kerygma de Jean Brun, philosopher avec foi, nous poursuivons notre présentation de ce philosophe protestant méconnu. 

    Il inaugure une petite série : "Qui sont les intellectuels que les protestants devraient lire?"

    (A noter au passage que Franck Belloir lui a consacré une notice dans l'INDISPENSABLE Dictionnaire biographique des protestants français (Editions de Paris-Max Chaleil)).

    Jean Brun naît à Agen en 1919, dans une famille protestante avant de partir faire sa classe de philosophie au lycée de Toulouse, où il a comme professeur Georges Canguilhem. Bachelier ès lettres en 1937, il part poursuivre ses études à la Sorbonne.

    Le jeune Brun grandit dans une époque traumatisée... 

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    A lire de Jean Brun:

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  • Qui sont les intellectuels que les protestants devraient lire?

    Qui sont les intellectuels que les protestants et les évangéliques devraient lire aujourd'hui ?

     

    photo 2.JPGLe premier d'entre eux, c'est le philosophe protestant et injustement méconnu, Jean Brun.

    Cela tombe bien, les éditions Kerygma lui consacrent un volume qui permettra à tout un chacun de  découvrir sa pensée : Philosopher avec foi, Jean Brun (1919-1994), édité par Yannick Imbert.

    Le livre réunit quelques participations introductives, puis des textes brefs de Jean Brun lui-même, parus en divers endroits et qui n'étaient guère accessibles.

    Pour prendre la mesure de son importance et de son intérêt, voici quelques extraits de la présentation de Franck Belloir, que vous retrouverez p.3.

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  • Le prix "Bristol des Lumières" pour Une question de taille d'Olivier Rey

    Capture d’écran 2015-01-28 à 11.38.40.pngL'essai d'Olivier Rey, Une question de taille, dont nous vous avions fait part pour sa sortie, a reçu le "prix bristol des Lumières".

    Présentation sur notre site : ici.

    Présentation du prix "Bristol des Lumières" : ici.

    Olivier Rey était aussi l'invité de La grande table, sur France Culture; on peut l'écouter ci-dessous: