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  • Entretien avec Patrick Cabanel dans La Gazette de Nîmes

    La Gazette de Nîmes a consacré son Entretien à Patrick Cabanel, à l'occasion de la sortie du très réussi Protestantisme français, la belle histoire (Alcide).

     

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  • Les #100 livres cultes du protestantisme

    Témoin du Christ à Buchenwald.

     

    #96 Aimé Bonifas, Détenu 20801 dans les bagnes nazis, Paris, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 1946

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    Réédité le mois dernier dans une 6ème édition par la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Déportés), le témoignage de déportation d'Aimé Bonifas (1920-2013) fut écrit à chaud lors de son retour de Buchenwald. C'est un des textes bouleversants qu'a produit le protestantisme déporté. Eugen Kogon estime entre 4000 et 5000 le nombre de pasteurs et de prêtres qui furent jetés dans les camps, mais ces chiffres sont lacunaires et ne tiennent pas compte de nombre de laïcs et de femmes persécutés "pour motifs religieux" par le régime nazi. C'est à lire absolument, et à posséder dans sa "Bibliothèque idéale" du protestantisme.

  • La haute finance protestante au temps de Balzac : Edouard André

    13801.jpgEdouard André (1833-1894) aurait pu être un personnage de la Comédie humaine. Fils de banquier, héritier richissime, collectionneur, il est un maître du nouvel ordre que dépeint Balzac au XIXe, régit par l'argent.

    Pas n'importe quelle banque. La Haute Banque protestante. Avec ses grandes familles (les Delessert, les Mallet, les Hottinguer...), ses alliances, les opérations réussies, les ratées aussi (toujours moins nombreuses). A cette époque, leur fortune vaut celle d'un Rotschild.

    Le lecteur suit l'impressionnante ascension des André au cours des siècles. Réformés de la première heure, ils s'installent à Nîmes en 1600 et fondent une maison de négoce qui prospère, puis s'internationalise en trois générations. L'étranglement du protestantisme sous Louis XIV ne les fait pas fuir; ils se dotent d'une structure à Gênes et à Genève, se diversifient. Au cours du XVIIIe, leur argent sert à améliorer le sort des galériens, mais ils se méfient de Paul Rabaut, des cultes au Désert ; les hommes sont aux affaires, lisent Voltaire, et les femmes s'édifient entre elles, au logis.

    Le XIXe est le théâtre de leur apogée, avec la fondation de leur banque parisienne et le succès de leurs différents placements : immobilier, chemin de fer, etc... Sur le plan religieux, ils sont bienfaiteurs de La Cause protestante; membres du Consistoire de Paris, acteurs de la Société de la morale chrétienne, etc... Philanthropie et notabilité font chez eux bon ménage. Mais ce sont les femmes, surtout, que l'on retrouve engagées, porte-feuille à l'appui, dans le Réveil. Mira André-Rivet, la grand-mère d'Edouard, est la doyenne des femmes qui se réunissent à la "Chapelle Taitbout", phare du revivalisme dans la haute société protestante. Elles financent les oeuvres, l'évangélisation, témoignent de leur expérience de conversion avec un zèle parfois dérangeant.

    Elevé dans ce climat, entre affaires et foi, Edouard perpétuera l'aide au protestantisme, mais se passionnera comme ses pères, pour sa collection d'art et la construction d'édifices dignes de l'accueillir. Jusqu'à léguer à la postérité cet hôtel splendide qui est aujourd'hui le Musée Jacquemart-André.

    Balzac disait qu'à l'origine de chaque grande fortune, il y a un crime. Nous n'en saurons rien. Mais c'est  un beau cas pratique à la Max Weber que nous expose ici Virginie Monnier : l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme réunis dans une épopée familiale très dépaysante.

    A lire aussi : Daniel DESSERT, Les Daliès de Montauban, Une dynastie protestante de financiers sous Louis XIV, Perrin, 2005

    Et encore : Max WEBER, L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Pocket

    et pour les plus motivés : Herbert LUTHY, La banque protestante en France de la Révocation de l'Edit de Nantes à la Révolution, EHESS

    Visiter le site du Musée Jacquemart-André :

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  • La Société d'Histoire du Protestantisme de Nîmes et du Gard

    On connaissait le site de la Société de l'Histoire du Protestantisme de Montpellier.

    Sa cousine nîmoise, la Société d'Histoire du Protestantisme de Nîmes et du Gard se dote à son tour d'un(e?) interface, où vous pourrez trouver toutes ses actualités, ses conférences et d'autres renseignements.

    Ces sociétés font un travail remarquable pour la connaissance de la diversité protestante, entre synthèse tout-public et exploration savante, du local au global. Elles donnent la possibilité à des chercheurs de se confronter au public, et au public de se tenir à la pointe, grâce à leur travail, souvent approfondi et novateur. 

    C'est aussi à travers ces lieux d'échanges que se renouvelle et se communique la connaissance du protestantisme.

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  • Un "crime protestant" : la Michelade

    jean-paul chabrol,la michelade,violences religieuses,guerres de religion,nîmes,protestantisme à nîmes,iconoclasmeLe protestantisme a son côté obscur.

    L’installation de la Réforme à Nîmes a provoqué au sein de la société et de ses institutions un profond bouleversement. C’est dans ce contexte, du 30 septembre au 1er octobre 1567, que des catholiques sont massacrés par des huguenots dans Nîmes, au lendemain de la foire de la Saint-Michel.

    Cet événement majeur de la ville restera longtemps dans la mémoire sous le nom de « Michelade ».

    Que s’est-il passé durant ces deux jours ? Ces journées sont-elles la conséquence directe du déclenchement de la deuxième guerre de Religion (1567-1568) ? Une éruption spontanée et incontrôlée de violence ? Un massacre prémédité ?

    Jean-Paul Chabrol remet en perspective La Michelade par la première étude complète et approfondie de cet évènement. Dans un récit rigoureux et presque littéraire des faits (par la qualité de la narration), l’historien met en scène la Nîmes du XVIe siècle, son climat et ses structures, ainsi que l’enchainement des faits.

    Puis, prenant de la distance, il tente de comprendre les ressorts de l’affaire. Evaluant la pertinence des sources, leurs lacunes aussi, il replace la Michelade dans l’ensemble des violences de Religion. Il en ressort une analyse fine des spécificités de cette tuerie, dont les mobiles restent opaques et donnent lieu à plusieurs hypothèses localisées : du fait divers aux rivalités familiales et confessionnelles. 

    Mais l’auteur élargit la focale et détermine un certain nombre de paramètres globaux (iconoclasme, identité protestante récente et fragile, violences endémiques, « militarisation » de la société…) ; parmi eux, il pointe le rôle ambigu du Consistoire, qui impose par sa volonté de changement « une quasi-révolution culturelle » à partir du printemps 1561 (p.118). Institution religieuse (il est à la fois un tribunal des mœurs et une instance qui organise la charité) à forte influence idéologique et politique, le Consistoire « vise à faire de la cité une nouvelle « Genève » languedocienne et du Nîmois […] un homme nouveau. » 

    Cette imbrication entre pouvoir temporaire et pouvoir spirituel, auquel s’ajoute le statut de religion majoritaire, conduit presque mécaniquement aux pires intolérances.

    On conçoit ainsi tout l'intérêt de cette enquête rondement menée, et publiée chez l'excellent éditeur Alcide (dont on peut apprécier ici le nouveau site). 

    Jean-Paul Chabrol, La Michelade, un crime de religion, Alcide, 2013, 12€