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marilynne robinson

  • Lila

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    "On échoue toujours à parler de ce qu'on aime" écrivait Roland Barthes peu avant de mourir. C'est une raison pour ne pas trop en dire sur les romans de Marilynne Robinson.

     

    Lila est un personnage qui apparait à l'arrière-plan de Gilead et Chez nous (qui forment une sorte de trilogie), dont on devine qu'elle a un passé. Mariée au pasteur Ames, mère d'un petit garçon, elle est, comme la plupart des gens de Gilead, entourée de silence et de solitude. Ce chagrin vient de loin, et c'est son histoire, pleine de pudeur, que nous raconte l'auteur.

     

    Le récit nous conduit subtilement à travers la vie intérieure de Lila, ses souvenirs - rejetée par sa famille, enlevée par une vagabonde - et ses réflexions sur le déshonneur, le péché, l'injustice et la culpabilité :

    « On ne se débarasse pas de la culpabilité ; il n’existe aucun moyen décent de la renier. Toute cette amertume, tout ce désespoir et toute cette peur, enchevêtrés et liés, appelaient la pitié. Non, mieux, ils appelaient la grâce. » (p.356)

    Pourquoi les choses se passent-elles comme elles se passent? En filigrane apparait un monde de questions existentielles, qu'elle apprend à formuler au contact de ce vieux pasteur qui prend soin d'elle comme d'un oiseau blessé, et des textes qu'elle lit - en particulier un passage d'Ezéchiel.

     

    Lila est une histoire d'amour et de rédemption aux inquiétudes théologiques hors du temps (anachroniques, et donc les seules essentielles), balancée par la mélancolie de ce Midwest un peu triste et l'espoir d'avoir trouvé, quelque part sur terre, un lieu de refuge.

     

    Marilynne Robinson, Lila, Actes Sud, 2015 ♥♥♥

     

    Lire aussi : la critique de Télérama.