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luther

  • Luther, t.II dans la Pléiade

    La Bibliothèque de la Pléiade édite un deuxième volume des Oeuvres de Luther, un must pour les 500ans, de ce théologien qui fut aussi un grand littérateur de langue allemande. Luther, en papier bible, dans une collection sobre et prestigieuse, créée par un club de protestants, dont Gide et Schlumberger...

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  • Les Juifs de Luther, une synthèse très éclairante

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    Luther était-il antisémite? Le rapport du Réformateur aux Juifs fait aujourd'hui partie de son côté obscur. Mais qu'en a-t-il été exactement?

     

    Dans cette synthèse brillante, Thomas Kaufmann étudie la question avec tact et soin, loin des raccourcis simplificateurs. Retraçant l'évolution de Luther de son premier texte "Que Jésus-Christ est né Juif" (1523) à son pamphlet le plus virulent "Des Juifs et de leurs mensonges" (1543), l'auteur mène une enquête textuelle, historique et théologique tout à fait éclairante, dont ne livrerons pas ici les résultats, pour ne pas gâcher la lecture.

     

    Une chose est sûre, il est difficile d'affirmer péremptoirement que Luther fut coupable d'antisémitisme ou d'antijudaïsme, sans avoir lu une mise au point telle que celle-ci, qui respecte la complexité du sujet, ses nuances, et donne les éléments importants de son contexte et de sa biographie.

     

     

  • Le protestantisme et son ventre

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    Un livre savoureux (relié, illustré) où la théologie entre dans la cuisine.

     

    Luther était gras et fier de l'être. Son embompoint était à la fois revendication et polémique contre le catholicisme. Pour Calvin, la même lutte contre l'Eglise le fait écrire dans son Institution : "Leur ventre leur est pour Dieu, et la cuisine pour religion". Luther, toujours lui, forge l'ironique "théologastre" ("théologien du ventre") pour railler les sorbonnagres. 

    8457.jpgDu péché de gourmandise à la dispute, le ventre est un terrain éminement théologique. Autour de la table eucharistique, papistes et calvinistes s'assassinent à coups de "mangedieu" ou de "chiedieu". Car si Dieu est réellement présent dans le pain et le vin, qu'advient-il de sa substance digérée? Frank Lestringant, dans son Une sainte horreur ou le voyage en eucharistie, cerne l'enjeu (souvent vomitif) de la querelle : la conception de la Cène catholique romaine rejoint le cannibalisme. 

    La question atteint le jeûne, la pénitence et ses mérites supposés. De là certains passages hilarants des Satyres chrestiennes de la cuisine papale de Théodore de Bèze : 


                          

    Monde hebeté, monde abrutti,6213 (1).jpg

    Qui par le bouilli ou rosti,

    Penses mériter plus que douze

    Pour aller jusqu'en paradouse. [...]

    O grimace bien résolue,


    O trongne de bec de morue,

    Monsieur le penitenciaire

    Maistre queux en l'art culinaire,

    N'oubliez pas de dire en somme,

    Souvienne-toy que tu es homme. (p.112-113)

     

    Le carême est négation de l'homme, et l'hypocrisie papiste ("grimace bien resolue") affecte une privation qu'elle se charge bien de remplir par ailleurs. Ce qui permet aux réformés de dépeindre un clergé ripailleur et débauché.

    Dans son très "bon" livre sur La gourmandise, histoire d'un péché capital, Florent Quellier montre (je simplifie) que la ligne de séparation est celle de la mesure; le calvinisme ne diabolise ni ne sublime la gourmandise. Il l'absout par la tempérence. En revanche, le catholicisme favorise le paradoxe de la sensualité culinaire et de sa condamnation. Hypocrisie et transgression ont chacune leur saveur.

     

    Sa conclusion mérite une citation, qui épingle les discours contemporains moralisateurs sur ce qu'il faut ou ne faut pas manger (la dictature du diététique, du bio et du svelte), que l'on retrouve jusqu'en protestantisme (cette nouvelle mode du carême!):

    "Le retour en force d'un joug médical pesant et d'un discours diététique moralisteur a réactualisé le péché de Gula dans des sociétés pourtant marquées par un recul historique des Eglises chrétiennes. Fortement culpabilisantes, les prescriptions nutritionnelles entretiennent la notion d'un péché contre son corps mais aussi contre la société. Dès lors, la gourmandise est perçue comme une faiblesse sociale, morale et psychique, le gourmand comme un potentiel délinquant nutritionnel. Les expressions "craquer", "faire un écart", "faire une entorse" disent le manque de volonté face à la tentation, révèlent la notion de faute mais aussi de transgression d'un idéal alimentaire devenu une norme : le régime minceur." (p.214)

      

  • La Réforme et la musique sur France Musique

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    L'émission de Anne-Charlotte Rémond "Histoire de..." du 14 février était consacrée

    à la musique de la Réforme. Synthèse en 20mn des innovations de Luther, Calvin, Goudimel, avec en illustration musicale des hymnes et des morceaux... 

    Retour aux sources historiques et théologiques du culte protestant.

    Ecouter l'émission.