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littérature

  • (Conférence) La poésie comme expression protestante de la foi

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  • Lila

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    "On échoue toujours à parler de ce qu'on aime" écrivait Roland Barthes peu avant de mourir. C'est une raison pour ne pas trop en dire sur les romans de Marilynne Robinson.

     

    Lila est un personnage qui apparait à l'arrière-plan de Gilead et Chez nous (qui forment une sorte de trilogie), dont on devine qu'elle a un passé. Mariée au pasteur Ames, mère d'un petit garçon, elle est, comme la plupart des gens de Gilead, entourée de silence et de solitude. Ce chagrin vient de loin, et c'est son histoire, pleine de pudeur, que nous raconte l'auteur.

     

    Le récit nous conduit subtilement à travers la vie intérieure de Lila, ses souvenirs - rejetée par sa famille, enlevée par une vagabonde - et ses réflexions sur le déshonneur, le péché, l'injustice et la culpabilité :

    « On ne se débarasse pas de la culpabilité ; il n’existe aucun moyen décent de la renier. Toute cette amertume, tout ce désespoir et toute cette peur, enchevêtrés et liés, appelaient la pitié. Non, mieux, ils appelaient la grâce. » (p.356)

    Pourquoi les choses se passent-elles comme elles se passent? En filigrane apparait un monde de questions existentielles, qu'elle apprend à formuler au contact de ce vieux pasteur qui prend soin d'elle comme d'un oiseau blessé, et des textes qu'elle lit - en particulier un passage d'Ezéchiel.

     

    Lila est une histoire d'amour et de rédemption aux inquiétudes théologiques hors du temps (anachroniques, et donc les seules essentielles), balancée par la mélancolie de ce Midwest un peu triste et l'espoir d'avoir trouvé, quelque part sur terre, un lieu de refuge.

     

    Marilynne Robinson, Lila, Actes Sud, 2015 ♥♥♥

     

    Lire aussi : la critique de Télérama.

     

  • "L'appel du sol" : le protestantisme et la mystique patriotique de la Grande Guerre

    1. L'appel du Sol, prix Goncourt "1914":

    adrien bertrand,georges bertrand-vigne,ww1,centenaire 14-18,première guerre mondiale et protestantisme,littérature,roman,poilusL'appel du sol est un roman d'Adrien Bertrand, prix Goncourt "1914" - le prix lui fut en fait décerné en 1916, à cause de la guerre.

    Adrien Bertrand est né à Nyons dans la Drôme, en 1888; son père, pasteur dans le Gard, fut aussi professeur de théologie à Montauban, et participa à la traduction de la Bible dite "synodale". Mobilisé en 1914, il rejoint le front; quelques mois plus tard, sa santé s'est déjà détériorée; il mourra en 1917. Entre-temps, il écrit, et publie entre autres L'appel du sol.

    Les historiens se sont interrogés sur l'acceptation, par un si grand nombre d'hommes, d'une mort à si grande échelle. A sa manière, le roman d'Adrien Bertrand donne des éléments de réponse, et s'avère un document irremplaçable sur le début de la guerre.

    Le bataillon que suit le lecteur, est un bataillon dépassé par les événements, qui se rend compte que la guerre sera bien autrement que ce qu'il attendait:

    "C'est un martyre inconscient pour une idée qui nous dépasse."

    Le désarroi et la proximité de la mort conduisent les hommes à méditer entre deux combats ; et il apparaît clairement que l'idéologie qui les unit et les soutient, et celle du sacrifice pour la Patrie. La mystique patriotique donne au Sol, à la terre, une force transcendante qui les meut jusqu'au don de leur vie. 

    "Nous ne faisons qu'obéir à une invincible volonté qui se communique à nous. Elle naît des entrailles du sol où nous sommes enracinés, et nous sommes son instrument".(p.112)

    Il se dégage alors une irrationalité violente, entre sublimation et, parfois, scepticisme : il est impossible, malgré le refus de tout esprit critique et le culte de la discipline, de ne pas voir les incohérences, les erreurs des états-majors, la valeur de l'ennemi, et l'absurdité que n'épuise pas cette "philosophie sous la mitraille". Dans le roman d'Adrien Bertrand, l'héroïsme doit se penser tant il peine à se convaincre.

    Pour autant, pas de remise en question de "l'union sacrée" chez Adrien Bertrand ; au contraire, le cévenol, descendant du camisard, communie avec le nobliau breton ultra, le béarnais ou le marseillais communiste dans la même mystique patriotique. On lutte et meurt pour la France, gardienne de la civilisation, contre l'envahisseur "barbare". Ainsi, l'oecuménisme patriote transcende et dissout une quelconque spécificité protestante. 

    2. "A quel Dieu l'Europe s'est-elle vouée?" : Jules-Philippe Guiton

    adrien bertrand,georges bertrand-vigne,ww1,centenaire 14-18,première guerre mondiale et protestantisme,littérature,roman,poilusLes lecteurs de Réforme auront sans doute suivi, dans la rubrique "Spécial Guerre de 14-18" le journal du missionnaire Jules-Philippe Guitton.

    Son témoignage, très surprenant, retrace son dilemme croissant entre sa situation de chrétien et de soldat.

    Son constat est le même quant à la mystique patriotique, cet "appel" irrationnel du sol qui possède et meut, telle une force spirituelle, les combattants :

    "La patrie réclame actuellement ma consécration complète, qui n'est due qu'à Dieu".

    Sa conclusion après bien des mésaventures est une prise de position, originale et audacieuse, contre "l'appel du Sol", cette idolâtrie dans laquelle ont versé les protestants, comme le pasteur Arbousset:

    "Après avoir réfléchi, voici quel me paraît être mon point de vue actuel : les patries sont des « associations ». Comme telles, elles ont des droits, mais elles ne peuvent être érigées en personnalités morales sans être du même coup transformées en idoles… La patrie réclame actuellement ma consécration complète, qui n’est due qu’à Dieu. L’âme qui anime actuellement les patries vient de Satan. Leur communauté d’inspiration ressort de ce fait qu’elles sont toutes semblables, jamais la France n’a davantage ressemblé à l’Allemagne qu’à l’heure actuelle. 

    Le devoir du chrétien, tout en supportant matériellement, et peut-être physiquement, la défense de l’association à laquelle il fait partie, doit, au risque d’être traité de traître, ne reconnaître, dans toute son attitude, d’autre chef de son âme que son sauveur et bannir de son cœur toute haine ; mais aussi être un fidèle soldat, fier et droit. Quant au prédicateur, il doit dénoncer l’idolâtrie et être la conscience de son peuple."

    A lire sur Réforme.net. 

     

  • Le philosophe Olivier Rey à la Librairie Jean Calvin!

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    La librairie accueillera le vendredi 29 novembre 2013, à 20h30, le philosophe Olivier Rey. Le titre de la conférence est le même que l'un de ses livres :

    "Une folle solitude, le fantasme de l'homme auto-construit"

    Nous avions énormément aimé l'auteur et son livre, et tenté, dans la mesure de nos moyens, de vous donner un aperçu de la profondeur et de la justesse de sa réflexion dans une série de billets que vous pouvez retrouver ici

    C'est pourquoi nous vous invitons, tout particulièrement, à ne surtout pas manquer l'occasion de l'écouter.

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  • Le pasteur Drelincourt poète...

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    Laurent DRELINCOURT (1626-1680), fils de Charles DRELINCOURT (1595-1669, sur la photo), fut lui aussi pasteur (à La Rochelle, puis à Niort) et représentant du courant de l'orthodoxie réformée; prédicateur talentueux, il cultiva une prédilection pour la poésie, nourrie de sa méditation des Ecritures, et nous a laissé de très belles pièces, telle que celle-ci :

    Lire la "Prière du matin".

    Extrait de l'Anthologie de la poésie française, Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade", T1, 2000, p.1211

  • Zweig contre Calvin, une animosité en contexte

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    La virulence de Zweig contre Calvin dans son fameux Conscience contre violence, analysée, replacée dans son contexte (montée du nazisme et querelle orthodoxes/libéraux) et éclairée par ses influences littéraires (Balzac...); ou comment l'auteur de La pitié dangereuse versa dans l'anti-protestantisme primaire.

    Excellent article de Franck LESTRINGANT paru:

    Franck LESTRINGANT, "Zweig contre Calvin (1936)", Revue de l'histoire des religions [en ligne], 1 | 2006, mis en ligne le 1 mars 2006, consulté le 2 février 2011, URL: http//: rhr.revues.org/4623

  • La nuit des Camisards obtient le Prix du Cabri d'Or

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    On dirait que l'éditeur Yann Cruvellier (Alcide), se débrouille plutôt pas mal. Après le succès du spectacle en plein air de La Nuit des Camisards, il avait proposé à Lionel Astier (Kaamelot, entre autres) d'en publier le texte. Le voilà récompensé par ce prix décerné par l'Académie Cévenole, que Cabanel avait reçu en son temps pour Cévennes, un jardin d'Israël.

    Et si ça se trouve, la pièce sera jouée l'an prochain à Rochebelle, juste en face de la librairie! 

    Lire l'article.