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centenaire 14-18

  • Roux le bandit : une réédition du roman d'André Chamson

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    Ceux qui seront ce soir à la conférence de Patrick Cabanel et Frédérique Hébrard sur Roux le bandit (Musée du Désert, 18h30) auront la chance de découvrir avant tout le monde la réédition du roman qui a fait connaître André Chamson.

    A l'occasion des commémorations 14-18, l'éditeur Alcide nous en donne une copie dépoussiérée, acidulée et réussie, comme à son habitude.

    Car son intérêt, historique et littéraire, ne s'est toujours pas démenti (pour preuve, l'article de Cabanel dans le dernier BSHPF) :

    1914. La mobilisation. Roux n'y répond pas. Est-ce la peur ou ce que lui dicte sa conscience? En défiant un consensus implacable, Roux se trouve surnommé 'le Bandit'. Il est déserteur, le 'monstre'. Ecrit en 1925 d'après une histoire vraie, Roux le Bandit semble annoncer les engagements futurs d'André Chamson dans la Résistance.

    A travers les paysages, les saisons, les caractères de ces paysans lettrés et réfléchis, l'auteur trace aussi le portrait de ces montagnes cévenoles dont il est originaire: une vie dure et austère façonnée par la culture du Livre, libre mais déterminée par une longue histoire.

  • [podcast]"L'union sacrée", les religions dans la Grande Guerre est en ligne

    ww1,union sacrée,première guerre mondiale,première guerre mondiale et protestantisme,protestants dans la grande guerre,pierre-yves kirschleger,centenaire 14-18L'excellente conférence de Pierre-Yves Kirschleger, donnée pour la Librairie Jean Calvin dans le cadre de notre cycle "Le protestantisme et la Guerre" peut-être écoutée, téléchargée, en ligne sur le site de la LJC.

    C'est par ici : Pierre-Yves Kirschleger // "L'Union sacrée", les religions dans la Grande Guerre // Conférence /

     

  • Les éditions Ampelos commémorent les protestants dans la 1ère Guerre Mondiale

    Avec plusieurs sorties à l'occasion des commémorations de la Grande Guerre (labellisées "Centenaire 1914-1918"), les éditions Ampelos nous livrent des documents de première main et un roman presque oublié, L'appel du Sol. De quoi éclairer le "particulier et l'universel" d'un protestantisme français engagé au même titre que ses compatriotes. Cliquez ci-dessous pour voir les livres:

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  • "L'appel du sol" : le protestantisme et la mystique patriotique de la Grande Guerre

    1. L'appel du Sol, prix Goncourt "1914":

    adrien bertrand,georges bertrand-vigne,ww1,centenaire 14-18,première guerre mondiale et protestantisme,littérature,roman,poilusL'appel du sol est un roman d'Adrien Bertrand, prix Goncourt "1914" - le prix lui fut en fait décerné en 1916, à cause de la guerre.

    Adrien Bertrand est né à Nyons dans la Drôme, en 1888; son père, pasteur dans le Gard, fut aussi professeur de théologie à Montauban, et participa à la traduction de la Bible dite "synodale". Mobilisé en 1914, il rejoint le front; quelques mois plus tard, sa santé s'est déjà détériorée; il mourra en 1917. Entre-temps, il écrit, et publie entre autres L'appel du sol.

    Les historiens se sont interrogés sur l'acceptation, par un si grand nombre d'hommes, d'une mort à si grande échelle. A sa manière, le roman d'Adrien Bertrand donne des éléments de réponse, et s'avère un document irremplaçable sur le début de la guerre.

    Le bataillon que suit le lecteur, est un bataillon dépassé par les événements, qui se rend compte que la guerre sera bien autrement que ce qu'il attendait:

    "C'est un martyre inconscient pour une idée qui nous dépasse."

    Le désarroi et la proximité de la mort conduisent les hommes à méditer entre deux combats ; et il apparaît clairement que l'idéologie qui les unit et les soutient, et celle du sacrifice pour la Patrie. La mystique patriotique donne au Sol, à la terre, une force transcendante qui les meut jusqu'au don de leur vie. 

    "Nous ne faisons qu'obéir à une invincible volonté qui se communique à nous. Elle naît des entrailles du sol où nous sommes enracinés, et nous sommes son instrument".(p.112)

    Il se dégage alors une irrationalité violente, entre sublimation et, parfois, scepticisme : il est impossible, malgré le refus de tout esprit critique et le culte de la discipline, de ne pas voir les incohérences, les erreurs des états-majors, la valeur de l'ennemi, et l'absurdité que n'épuise pas cette "philosophie sous la mitraille". Dans le roman d'Adrien Bertrand, l'héroïsme doit se penser tant il peine à se convaincre.

    Pour autant, pas de remise en question de "l'union sacrée" chez Adrien Bertrand ; au contraire, le cévenol, descendant du camisard, communie avec le nobliau breton ultra, le béarnais ou le marseillais communiste dans la même mystique patriotique. On lutte et meurt pour la France, gardienne de la civilisation, contre l'envahisseur "barbare". Ainsi, l'oecuménisme patriote transcende et dissout une quelconque spécificité protestante. 

    2. "A quel Dieu l'Europe s'est-elle vouée?" : Jules-Philippe Guiton

    adrien bertrand,georges bertrand-vigne,ww1,centenaire 14-18,première guerre mondiale et protestantisme,littérature,roman,poilusLes lecteurs de Réforme auront sans doute suivi, dans la rubrique "Spécial Guerre de 14-18" le journal du missionnaire Jules-Philippe Guitton.

    Son témoignage, très surprenant, retrace son dilemme croissant entre sa situation de chrétien et de soldat.

    Son constat est le même quant à la mystique patriotique, cet "appel" irrationnel du sol qui possède et meut, telle une force spirituelle, les combattants :

    "La patrie réclame actuellement ma consécration complète, qui n'est due qu'à Dieu".

    Sa conclusion après bien des mésaventures est une prise de position, originale et audacieuse, contre "l'appel du Sol", cette idolâtrie dans laquelle ont versé les protestants, comme le pasteur Arbousset:

    "Après avoir réfléchi, voici quel me paraît être mon point de vue actuel : les patries sont des « associations ». Comme telles, elles ont des droits, mais elles ne peuvent être érigées en personnalités morales sans être du même coup transformées en idoles… La patrie réclame actuellement ma consécration complète, qui n’est due qu’à Dieu. L’âme qui anime actuellement les patries vient de Satan. Leur communauté d’inspiration ressort de ce fait qu’elles sont toutes semblables, jamais la France n’a davantage ressemblé à l’Allemagne qu’à l’heure actuelle. 

    Le devoir du chrétien, tout en supportant matériellement, et peut-être physiquement, la défense de l’association à laquelle il fait partie, doit, au risque d’être traité de traître, ne reconnaître, dans toute son attitude, d’autre chef de son âme que son sauveur et bannir de son cœur toute haine ; mais aussi être un fidèle soldat, fier et droit. Quant au prédicateur, il doit dénoncer l’idolâtrie et être la conscience de son peuple."

    A lire sur Réforme.net.