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éthique protestante

  • Les 100 "livres cultes" du protestantisme

    S'il fallait retenir cent livres de la culture protestante, lesquels retiendriez-vous? Vos libraires vous proposent une petite bibliothèque idéale, 100 "livres cultes", que vous retrouverez dans la rubriques "Catégories" - colonne droite de ce blog - et que nous agrémenterons au fil du temps! 

     

    Et pour commencer, bien sûr:

     

    #100 Max Weber, L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme

     

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  • "Les bourgeois, c'est comme..."

    jacques ellul,métamorphose du bourgois,sociologie,philosophie,éthique protestante,marxisme…vous et moi. La bourgeoisie, d’abord classe sociale issue des affaires, a fini par léguer ses valeurs à l’ensemble de la société. Donc à vous et moi. Nous sommes tous des bourgeois. Jacques Ellul nous dit que l’idéal bourgeois par excellence est le bonheur : la quête du bonheur, le « droit » au bonheur inscrit dans la constitution américaine, les Lumières, tout ça, ben c’est du pur bourgeois.

             On aurait voulu la circonscrire à la propriété privée, à la possession des capitaux… C’eût été si commode ! Mais son idéologie, bien plus complexe, a pénétré même ses plus ardents détracteurs. Moins on veut l’être plus on l’est, comme dans la chanson de Brel.

             Alors, qui est le bourgeois ? 

             Le bourgeois est multiforme ; il est d’abord une affaire de représentations. Il se représente lui-même à la conquête du monde, industrieux, athée démystificateur (le bourgeois, contrairement à ce qu’on pense, ne croit pas en Dieu, il l’utilise), innovant, optimiste et scientifique ; il est le bourgeois des artistes, ridicule, médiocre, snob, cocu ; ou le bourgeois des prolétaires, vautour exploiteur ou celui des intellectuels : un Salaud à la conscience fausse, une élite pleine de bons sentiments et championne des œuvres philanthropiques. Mais de quelque manière qu’on les peigne, dans leurs évolutions et leurs contradictions, ses visages recouvrent un « être bourgeois » que Jacques Ellul analyse avec cette verve qu’on aime tant.

            Parmi les invariants de l’être bourgeois, n’allez pas chercher l’argent.

            Non, le bourgeois a pour dogme le bonheur, défini comme bien-être ; c’est à cela que tendent toutes les causes secondes : biens, religion, action (industrie, travail), culture…

         Mais une telle quête de confort appelle des justifications ; le bourgeois, typiquement, ne supporte pas l’image qu’il se renvoie de lui-même ; ainsi, la raison sociale (-iste) émerge non comme contestation, mais comme caution : la gauche est la bonne conscience de la bourgeoisie.  Il n’y a pas plus optimiste, charitable et progressiste que le bourgeois.

             La justification de son idéal culmine dans son incroyable force de récupération. Le génie de la bourgeoisie digère, absorbe et castre ceux qui prétendent s’y opposer ; il convertit ce qui le subvertit :

     « Il s’agit par des mutations imperceptibles de convertir en argent, en honneurs, en considération la vie de ces témoins, de ces créateurs » (p.129).

    Le panthéon des maudits ne lui fait pas peur, ils finissent toujours par servir, morts ou vifs, la même cause du bien-être : la culture pour tous remplit cette fonction. Elle est l’art de désamorcer les bombes. Et ce qui nous intéresse au premier chef, c’est que si le bourgeois annexe les artistes, il annexe aussi les chrétiens, en changeant la foi en morale.

            Sans craindre les généralités, avec une analyse audacieuse et parfois jouissive (faire de la gauche l’accomplissement de la morale bourgeoise !), Ellul nous montre aussi combien le christianisme est investi, voire complice de son esprit, au risque de perdre ce qui fait son sel.  Dans l’être bourgeois, la foi sert le confort moral des individus : il n’y a plus de place pour le scandale, celui de la croix et celui des incompréhensions propres à la vie chrétienne. 

             Métamorphose du bourgeois donne du recul par rapport aux réflexes mentaux que nous avons tous, parce que nous baignons dans ce jus. Céline disait que les prolétaires étaient des bourgeois qui n’avaient pas réussi. La mentalité bourgeoise n’est pas une affaire de classe sociale ; elle est la haine du scandale, de ce qui fait grincer un bonheur horizontal et vécu pour la terre. 

  • "Je suis sincère avec moi-même"...

    11596.jpg...et autres lieux communs disséqués par Jacques Ellul

    Un micro "dictionnaire des idées reçues", aux frais de la bien-pensance post soixante-huitarde : "Je suis sincère avec moi-même", "Cultivez votre personnalité"...

    Avec un humour sévère, le philosophe cherche à savoir comment les constructions philosophiques se dégradent en slogans creux, jusqu'à devenir l'opium de l'homme de la rue. 

    De la liberté à l'individualisme, de la technique à la publicité, Ellul nous en dit long sur les idées courtes et sur ces évidences qui imprègnent, sans qu'on y fasse attention, notre mentalité. Un nettoyage à sec pour 2€!

    Ceux à qui l'opuscule aura plu pourront lire Exégèse des nouveaux lieux communs, avec en prime un intolérable article sur les vertus de la femme au foyer...