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Réédition du roman de Max Chaleil : Le sang des justes

7378.jpg    Il est étrange de voir combien la saga camisarde fascine encore, jusqu’à devenir une sorte de mythe fondateur de la liberté de conscience. On aurait tort en effet, de cloîtrer Le Sang des Justes dans de l’exaltation de terroir. Car Rolland en armes contre les dragons de Louis XIV est bien plus que Rolland ; il incarne ce sursaut de la conscience opprimée, et par là-même touche à l’universel. Il est le type même de l'insurgé.

C'est là qu'apparaît le « cœur dur » de cette épopée : la RESISTANCE ! D’abord sourde, discrète, dans les cœurs et dans les alcôves : résistance de la famille lisant la Bible en cachette, résistance de la mère défaisant le soir le catéchisme du jour et enseignant avec persévérance les rudiments de la vraie foi, résistance des prédicants, insaisissables, insupportables, résistance par la Parole… C’est à cette école de l’ombre qu’est forgée l’opiniâtreté du jeune Rolland. Puis, à force de brimades, une résistance ouverte, résistance qui se mue en révolte, puis de révolte en violence – et guerre, mort ! mais liberté, chèrement défendue. Au-delà de tout, c’est de foi qu’il s’agit : foi victorieuse de l'adversité malgré la faiblesse (les inspirés n'expliquaient-ils pas leurs victoires sur le Roi en citant les Ecritures : "Dieu a choisi les choses viles du monde, celles qu'on méprise, pour confondre les fortes..."?), transfigurée par une mort de martyre, qui a fait de ces hommes, malgré tout ce qu'on pourra légitimement leur reprocher, des combattants à l'origine de notre liberté moderne.  

Max Chaleil s'inscrit dans cette tradition des passeurs de la "Légende des camisards" et ressuscite avec passion la vie des mas, celle des châtreurs de porcs et des convertisseurs, des foires d'Anduze et des châtaigneraies, les assemblées clandestines où chacun risque sa vie pour communier, où cardeurs de laine et petits propriétaires exaspérés se sont soulevés contre le tyran au nom de leur foi. 

Le Sang des Justes, Vie et mort de Rolland chef camisard : un roman populaire, pour une révolte populaire, pour un héros populaire, qui se lit comme une chanson de geste. En plus du sérieux historique (la trame repose sur une reconstitution rigoureuse des faits), c'est dans l'esprit même de la Cévenne que le lecteur s'immerge ; telle que la légende camisarde l'a formé et tel qu'il a formé la légende camisarde. 

Quatrième de couverture:

 Pierre Laporte voit le jour dans une modeste famille cévenole en 1680, à Mialet près d’Anduze, lorsque commence pour les protestants la phase ultime des persécutions précédant la révocation de l’édit de Nantes de 1685.

Laporte, qui se fait appeler Rolland, participe dès ses débuts à l’insurrection camisarde et mène, au Désert, la vie haletante et périlleuse des révoltés pour leur foi. Refusant tout compromis, il combat jusqu’au bout, et souvent victorieusement, contre les troupes royales et les milices catholiques.

Trahi, il est tué le 14 août 1704, à vingt-quatre ans.

À travers cette figure emblématique de l’épopée camisarde, l’auteur exalte et ressuscite les grands moments d’une lutte exemplaire où, de 1702 à 1704, paysans et artisans tinrent en échec les meilleurs régiments du royaume. Un roman historique fondé sur une solide documentation, consacré au combat des héros de la liberté de conscience face à l’absolutisme du Roi-Soleil.

 Publié initialement en 1985 et plusieurs fois réédité, le livre était devenu introuvable. Resserré, il reparaît aujourd’hui en même temps que Les mémoires sur la guerre des camisards de Jean Cavalier, compagnon d’armes de Rolland.

 Max Chaleil, écrivain et éditeur, est né à deux pas du château de Castelnau où fut tué Rolland et non loin du mas Soubeyran, la maison natale de Rolland, aujourd’hui Musée du Désert, haut lieu du protestantisme. L’auteur a consacré de nombreux livres aux Cévennes et aux irréductibles camisards.

 

 

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