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Protestants dans la France en Guerre (1939-1945):Cévennes, terre de refuge

905.jpg2/Jacques POUJOL (dir.), Cévennes, terre de refuge (1940-1944), Presses du Languedoc-Club Cévenol, 2006,366pp:

Il devenait impératif en 1986 de lancer une grande enquête sur l’accueil des juifs en Cévennes alors que les témoins s’éteignaient les uns après les autres.

La première partie pose avec justesse et vérité méthodologique les difficultés de l’enquête. Les deux premières présentent la situation bien particulière des Cévennes expliquant un silence de 40 ans sur ce qui fut considéré comme un non-événement alors que, souligne Jacques Poujol, la vie et la mort de ces exilés méritent plus que l’oubli. Le chapitre trois croise le témoignage d’un accueillant et d’un accueilli avec beaucoup d’émotion alors que les correspondances des habitants subissent le contrôle postal. Ainsi 24497 lettres interceptées pour l’année 1943 (chapitre 4) nourrissant un climat de méfiance, qui attribuait les dénonciations à la délation alors qu’une grande part revient à ce contrôle. Pourtant, ô solide refuge, il est encore, nombreux d’ailleurs, des hommes et des femmes, tels Muse Dalbray et Tristan Sèvère, qui ne voit pas ces réfugiés des Cévennes révélant chez eux une « maquisardisation » de la Mémoire.

Le refuge cévenol c’est aussi l’accueil des résistants antinazis (seconde partie) qui, par vagues successives s’installent en France sans y trouver d’accueil très favorable jusqu’en 1939. Là, on bascule dans l’abject : Dora Schaul raconte leur internement (chapitre 2) au camp de Rieucros, où ils furent complètement ignorés des Mendois (chapitre 7). Le camp des Milles devient un bassin fournisseur du refuge (chapitre 4). Le chapitre 6 recompose méticuleusement la part des allemands anti-fascistes dans la libération de la France en évoquant notamment la trajectoire programmatique d’Otto Khüne. Le chapitre 8 s’attarde sur différents témoignages et, notamment celui du couple Foekel, qui traversa l’Europe pour trouver refuge en Cévennes, s’unissant d’une amitié indéfectible, malgré la distance, avec ceux qui les sauvèrent.

La troisième partie qui aborde le Refuge juif en Cévennes met en relief la question des sources, y compris au CGQJ (chapitre 1) : ce qui oblige à la micro enquête, souvent difficile voire ingrate. Elle a cependant permis la collection de témoignages précieux pour restituer un refuge plus précis dans ses composantes sociales, géographiques, religieuse, en un mot humaine (chapitre 2).

F.B.

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