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Pourquoi lire Calvin?

2522.jpg3 bonnes raisons de lire La famine spirituelle, non exhaustives, mais cependant suffisament sérieuses pour vous décider à manger de ce pain-là:

1/L'importance de la prédication chez Calvin n'est plus à relever, certains l'ont montré de manière décisive (comme Olivier MILLET); elle est le lieu névralgique où l'Eglise est au contact de la "doctrine" objective, à savoir l'enseignement nécessaire au salut et qui comprend, outre l'exposé de la signification du texte, l'exhortation qui aiguillonne l'auditeur à se remettre en question, de sorte "que les plus grands soient du tout abbatus sous lui en vraie humilité, et que les petits connaissent qu'ils ont bien de quoi se glorifier en sa bonté". Le Sermon sur Esaïe 55 peut être considéré comme un type particulièrement représentatif de la prédication chez Calvin, et de son rôle "prophétique", au sens d'avertir l'Eglise et de la conduire en vraie repentance, et d'actualiser le message biblique à la situation du temps au travers d'une exégèse spirituelle qui s'adresse directement à ses auditeurs. 

2/Le thème de la "famine spirituelle" garde toute son actualité. Le drame de l'homme est que dans sa superficialité, charnelle ou religieuse, il crève de faim sans pour autant [vouloir] s'en rendre compte:

"Or cependant la famine de nos âmes ne nous sollicite nullement. C'est signe que nous somme abrutis quant à la vie céleste. Voilà le premier vice qui est en nous, c'est que nous ne pensons que de nous saouler ici bas avec les boeufs et les ânes." (p.31)

L'abondance et la préoccupation des plaisirs terrestres sont obstacles à la vie spirituelle, d'où la nécessité d'un verbe fort pour réveiller les consciences, leur rendre manifeste leur vacuité, et les conduire à chercher en Dieu tout ce dont elles ont véritablement besoin : 

"Et combien qu’il nous voie tant stupides, tant il y a qu’il nous exhorte à chercher en lui tout ce qui nous défaut. […] Voyant notre tardiveté et paresse, il nous pique et nous donne comme des coups d’éperon, afin de nous faire hâter." (p.23)

Cette mise en avant de la foi comme appropriation est l'une des caractéristiques du Sermon et l'un des aspects à creuser.

3/enfin, pour son verbe, à la fois simple, direct, d'une autorité naturelle, véritable plaisir de lecture malgré la sévérité du propos.

A lire absolument, faites-moi confiance.

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