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Photo de la production littéraire évangélique à Lognes - 2010

 

    couvertureshaneclaibrone.jpgNous profitons de notre passage au Carrefour de Lognes pour prendre en photo la production littéraire évangélique. Il s'agit là d'une impression globale et quelque peu subjective, mais elle permet de dégager certains thèmes et orientations significatives :

1/ Éclectisme : celui-ci s'exprime sur le mode mineur au travers d'un nombre considérable de brochures ; cette production bigarrée inonde littéralement le marché selon un principe qui se décline à l'infini : offrir un texte bref, accessible à tout type de lectorat, qui explicite une spécificité doctrinale et/ou de préoccupation jugée majeure de l'institution qui l'émet. Souvent et de manière implicite , elle pointe un manque dans le paysage qu'elle prétend combler. Mais la destination principale demeure l'évangélisation.

     Sur le mode majeur, cet éclectisme prend une tournure plus inattendue et plus paradoxale ; la production évangélique propose des ouvrages aux influences multiples – charismatiques, psychologisantes, évangéliques, œcuméniques...- mais, de prime abord, sans différenciation critique perceptible. D'où l'impression d'un certain relativisme spirituel, d'une offre éditoriale qui surfe sur une tendance plus accompagnée que maîtrisée ; où quand le commercial s'accorde à l'air du temps religieux.

 

BLFZ060.jpg2/ Obsession du ludique: si l'on excepte quelques éditeurs, une autre tendance caractéristique est celle du ludique ; ôter tous les obstacles de lecture avec des slogans comme « Pour redécouvrir le plaisir de la prière », « Quand la lecture de la Bible devient un plaisir »... Il s'agit de donner à lire un contenu religieux sur le ton du divertissement, du sympa, de détourner le quidam de l'idée qu'il se fait du livre – ennuyeux – et de la lecture – roborative (pour preuve un titre comme « 5mn pour réfléchir »!), mais aussi de conjurer un désintéressement et la concurrence des autres médias. La mise en page se veut jeune branchée (nombreuses références au monde informatique, à internet) et fun (graphisme pop, urbain, comme ce nouveau petit éditeur oecuménique « Première partie »...) ; on adapte aussi la forme (bande-dessinée, manga...). On retrouve en plus petit dans la production évangélique ce que l'on trouve dans les librairies généralistes : la foi s'intègre à la démarche du « pour les nuls! » ; il y a là tous les éléments d'une sous-culture avec pour différence la volonté de dialoguer – et d'être à la hauteur, des attentes nouvelles créées par la société. A l'extrême inverse, les présentations reflètent leur origine artisanale par une apparence désuète, mal finie - ce qui n'est pas un problème puisque l'accent est sur le contenu, principalement dirigé vers le réseau immédiat, hors de tout logique marketing.

Cette affirmation doit tout de même être nuancée ; la présence d'une maison comme Excelsis est représentative, mais pas unique, d'une autre approche ; le catalogue de nouveautés reflète son souci de la forme et du contenu de qualité : théologie systématique d'empreinte calviniste,  sociologie du protestantisme évangélique, histoire et exégèse, dans une ligne esthétique sobre et moderne.

 

liv8214.jpg3/ Tendance sensationnaliste : ces deux orientations culminent dans un sens développé du sensationnel, présent tant dans les couvertures que dans le contenu que reflètent les titres : « Conversions miraculeuses », « L'arme secrète de Dieu... » ; ces ouvrages ayant le plus souvent trait à la piété, celle-ci semble se définir par une capacité à l'enthousiasme, à la découverte de l'extraordinaire de la foi et son corollaire, la manifestation extravertie, décomplexée. Le livre s'inscrit dans une dynamique d'extension et d'intensification sensible de la relation à Dieu, une édification optimisée dont le lecteur est le centre. Dans la littérature évangélique ce qui mérite d'être cru est incroyable. Ce qui explique des couvertures dramatiques, dans une veine apocalyptique (aigles, flammes, démons, lumières transcendantes...) teintée d'un ésotérisme christianisé.

 

Rien de bien nouveau donc, si ce n'est une tendance qui semble perdurer sans pour autant s'amplifier.

 

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