Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Lire l'Apocalypse (III): Le Grand Dénouement, de W.J. GRIER

Angetrompette.jpgL’auteur commence par les certitudes bibliques : le retour de Jésus sera personnel, soudain, visible et triomphant. A partir de là seulement, GRIER fait une synthèse des données controversées, selon les types d’interprétation les plus courants : pré, post et a-millénariste. La question principale étant : doit-on attendre en tant que chrétiens, un règne terrestre du Christ ? Et si oui, quelle est la nature de ce Millénium ?

Le front polémique de l’auteur est clairement le schéma dispensationnaliste pré-millénariste, incarné par la Bible Scofield, qui, la pauvre, se voit tailler un costume sur mesure. Mais il pointe avec justesse les difficultés internes que soulève cette doctrine qui prône 1000 ans de bonheur terrestre sous la domination universelle de Christ, après son retour et avant le Jugement final.

Pour appuyer sa contestation, l’auteur sollicite un grand nombre d’arguments, de valeur inégale. Mais le point central est le plus percutant : comment tenir dans la main droite la parole explicite du Christ « Mon Royaume n’est pas de ce monde » et dans la main gauche « Le royaume de Christ sera terrestre pour mille ans », sans se contredire ?

Plus profondément, le Millénium est un problème herméneutique. L’auteur avertit des dangers d’une interprétation littérale des prophéties de l’Ancien Testament : faisant l’économie du message christocentrique de l’Apocalypse, elle entrave une compréhension spirituelle de l’œuvre de Christ à la croix. Par exemple (celui-ci est le plus caricatural, mais il en est d’autres plus subtils qui procèdent de la même erreur de lecture), la reconstruction du Temple à Jérusalem. Prétendre à la reconstruction du Temple sous le Millenium, c’est oublier que Christ accomplit la vocation du Temple comme lieu de la communion ; c’est aussi altérer la perfection de son œuvre, voire rétrograder vers une conception judaïsante. Il en va de même pour la « première résurrection ». Elle renvoie à la régénération du croyant par la foi en Christ : « Vous êtes ressuscités avec Christ… » (Col. 2.13), non à un quelconque évènement à venir qui concernerait telle frange des chrétiens. Et ainsi de suite. Les exemples foisonnent.

  « La façon dont le NT interprète les prophéties AT nous oblige à attribuer un sens plus large et une signification spirituelle à des promesses, qui au premier abord, ne semblaient concerner que les juifs ». (p.53)

 

Dans la perspective de GRIER, le pré-millénarisme apparait comme la justification théologique d’une conception charnelle du règne de Christ, et les raffinements qu’il déploie pour faire entrer Apocalypse 20 dans les cases d’une chronologie définie, une forme de rationalisme très éloigné de la pensée biblique.6808.jpg

Son exposé ne résout pas tout pour autant, comme aucun bouquin sur le sujet d'aillerurs, et je crains en le résumant d'en voiler autant que je n'en révèle l'intérêt. Mais il a l’avantage de faire le procès des images d’Epinal et de recentrer l’espérance du croyant sur un Royaume de nature spirituelle auquel il participe déjà, PLEINEMENT, par la foi, grâce à l’œuvre parfaite de Christ.

« Tout est accompli », et ce même si nous ne voyions pas encore que tout lui soit soumis. Blocher conclut : « Certes bien des débats pourront se poursuivre sur le détail. L’avantage au moins, de la polémique, de la rivalité des vues contraires, c’est de faire ressortir pour notre regard, à condition qu’il reste pur de toute passion mauvaise, la sûre splendeur de l’essentiel. […] Entendons l’appel à nous concerter dans l’attente de Celui qui vient : « Le témoignage de Jésus est l’Esprit de la prophétie ». » 

S.Z.

Les commentaires sont fermés.