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Lire l'Apocalypse (II): L'Apocalypse de Pierre Prigent

     apocalypse1.JPG     "L'Apocalypse, texte étrange et difficile, a été souvent utilisée comme support pour des prophéties de catastrophe. On y a cherché au fil des siècles, et on y cherche encore, en cette din de millénaire, l'annonce de la fin du monde. Pourtant l'Apocalypse n'est pas un livre de malheur (le mot signifie "révélation" et non "catastrophe") mais une Bonne Nouvelle qu'il nous faut apprendre à déchiffrer en exégètes, en théologiens, en poètes".

          Une excellente découverte que ce petit commentaire introductif au livre de l'Apocalypse, qui sera sans aucun doute la meilleure entrée en matière de tous ceux qui cherchent à comprendre ce livre.

          "Le présent livre s'adresse à des non-spécialistes qui n'ont ni le temps ni le goût de se consacrer aux aspects les plus techniques de la démarche exégétique. On ira donc droit au but, afin que les grandes lignes de sens apparaissent clairement. On ne s'astreindra pas à suivre mot à mot le texte de l'Apocalypse." (Extrait de la préface)

          Le contrat de lecture est tenu avec énormément de qualités. Pierre Prigent, que l'on connait pour ses commentaires au fond rigoureux mais accessibles, livre ici l'essentiel de ses recherches sur l'Apocalypse (il est l'auteur d'un commentaire scientifique de référence chez Labor et Fides). 

          L'avantage principal en est une lecture christocentrique, qui souligne avec une clarté incroyable, que l'Apocalypse est à comprendre à la lumière de la victoire de Christ sur la Mort et le diable. La fresque qui se déploie en tire les conséquences, qui sont accessibles dès aujourd'hui pour la foi. Ensuite, l'auteur (qui fait justice au texte en maintenant les aspects parfois dérengeants) insiste sur le fait que le Christ y est présenté à la fois comme Sauveur et comme juge, et qu'il n'est point de grâce significative sans son corrolaire dramatique. Mais l'essence même de la Révélation, c'est que le mal est vaincu, et qu'il est encore temps de la repentance et de l'obéissance.

          Avec le sérieux objectif du savant et le souci du pédagogue (on sent que l'auteur aime son sujet!), il interprète les images et les principales difficlutés en recourant à l'Ancien Testament et au contexte historique. Nous opposerons à notre éloge trois limites : 1/la perspective eucharistique et sacramentelle qui prévaut dans certaines explications ; l'appropriation par la foi des vérités qu'il décrit par ailleurs avec beaucoup de respect s'accomodent mal de ce ritualisme et d'une quelconque efficacité des espèces à transmettre la grâce. Christ seul et la foi seule; on en restera là ; 2/l'effort de contextualisation (quelquefois) amoindrit ou oriente de manière trop restrictive la portée de certains textes, de certains symboles, bien que l'auteur ait soin d'en affirmer la portée universelle; 3/l'accent sur la part d'eschatologie "réalisée" laisse un peu de côté le mouvement du "déjà" de la foi et du "pas encore" de l'espérance, qui aurait pu être affirmé avec plus d'évidence.

          Cela dit, la fidélité générale au texte, la prudence, l'attachement à rendre compte du culte et de la liturgie comme coeur de la vie de l'Eglise au sein même de la tribulation, ouvrent les yeux du lecteur sur une réalité d'un autre ordre, édifiante et merveilleuse par elle-même. Elle donne en outre une intelligence éclairée, humble (les scrutateurs ésotériques et autres curieux resteront sur leur faim) et saine de certains mystères du texte.

S.Z.

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