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Les Bassoutos, récit pionnier du protestantisme en Afrique australe

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mja.jpgEugène Casalis est un des pionniers de la mission protestante française en Afrique. Né en 1812 dans le Béarn (Orthez), il est placé (très jeune) sous l’aile de l’un des principaux pasteurs du Réveil, Henri Pyt. Ce dernier, qui s’est pris d’une affection singulière pour Eugène, l’instruit dans les mystères de la foi et les humanités classiques. De cette relation naît une vocation à la mission, qu’il poursuit à Paris, et qui l’enverra évangéliser une contrée méconnue de l’Afrique australe : le Basutoland.

Les Bassoutos est le premier document (1853) qu’il envoie à sa Société (la Société des Missions Evangéliques de Paris), et il est un très bon reflet de l’esprit missionnaire que cette époque de renouveau prenait à la lettre.

Le récit est mené de manière à ce que le lecteur, resté en métropole, accroche et prenne conscience de l’enjeu spirituel, des besoins concrets et de l’engagement que la mission demande en « amont ». Dans une première partie, Casalis se fait donc conteur pour notre plus grand plaisir : l’arrivée sur cette terre étrangère, parmi les descendants de huguenots réfugiés, la découverte des grands espaces, de peuples méconnus, les anecdotes terrifiantes ou légères.

district morija.jpgMais l’auteur superpose à ce « carnet de route » d’époque, exotique et passionnant, toute une vision de sa vocation. Son premier champ de mission, au nord de la colonie du Cap (le Bechuanaland), se voit dispersé avant même leur arrivée par les guerres ethniques ; leurs plans tombent à l’eau. Mais le Dieu de Casalis est providentiel ; un autre appel retentit : Moshoshoe, roi du Basutoland (actuel Lesotho) cherche les « blancs bienveillants » dont il a entendu parler, pour qu’ils l’aident à pacifier et faire prospérer son pays. Homme intelligent, ayant le sens de ses intérêts, il leur donnera toute liberté pour instruire son peuple dans la foi et la civilisation (Morija, la principale station, développera école, hôpital, imprimerie…). Cette haute idée de la providence de Dieu, qui se tient au-dessus des vicissitudes, aux côtés de ses envoyés, et prépare l’issue, transparait jusque dans la construction narrative.

Enfin, la vocation de Casalis est aussi une rencontre avec le peuple des Bassoutos. Celle-ci s’exprime dans son intérêt qu’on pourrait déjà dire « ethnologique » pour eux. Ainsi, la deuxième partie décrit les mœurs, l’histoire et l’organisation de leur société, préoccupé qu’il est de les comprendre pour se faire comprendre. A cela s’ajoute son travail de la langue, pour traduire la Bible et des cantiques. Il fait ainsi œuvre pionnière, participant à la découverte et à la défense autant qu’au salut de ces africains (notamment contre les fermiers Boers, à la fin des années 1830).

La réédition de ce livre méritait qu’on en parle, d’autant plus qu’elle est enrichie des notes savantes de Jean-François Zorn, d’illustrations, de cartes, qui aident à se repérer ; le volume est très réussi dans sa forme, ce qui, on est d’accord, n’enlève rien.

Voir aussi sur le blog : A la suite du missionnaire Eugène Casalis

Voir aussi : Petite sélection de livres sur Librairie Jean Calvin.fr

 

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