Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Livres, recensions et fiches de lecture

  • Mes yeux le verront, non ceux d'un autre

    Capture d’écran 2017-04-19 à 09.06.14.png

     

    Nouveau témoignage aux éditions de la Mission Timothée! Nous vous recommandons cette lecture délicate et bouleversante.

     

    Un peu en retrait, derrière son mari, la silhouette presque fragile, les traits paisibles, Thérèse attend. 
    A la voir ainsi, sereine, les yeux dans le vague, on n'imagine pas ce qu'elle a vécu. Ni cette obscurité qui plonge son regard dans un monde éteint. 



    L'histoire de Thérèse commence dans la France profonde de l'entre-deux-guerre, marquée par la précarité. 
    Arrachée à sa mère, placée à l'Assistance publique, elle grandit privée d'affection, privée de vue et livrée à la dureté du monde. 


    Mais quelqu'un l'aime et veille. 
    Ce récit croise les souvenirs avec beaucoup de tact et de sensibilité. Il témoigne des miracles que l'amour et l'espérance opèrent par la foi.

  • (Conférence) Le journal d'Eugénie Bost, un autre regard sur les Asiles de la Force

    Capture d’écran 2017-03-13 à 09.51.38.png

    Cliquez dessus pour voir en grand.

     

    Capture d’écran 2017-03-13 à 09.54.20.png

  • (Jeunesse) Les dragons de Philémon

    littérature jeunesse,protestantisme,roman jeunesse,roman historique,louis xiv,la cause,refuge,persécutions,toléranceAlors que Léo joue à Time Master sur l'ordinateur de sa cousine, une chose étrange se produit : un bug avec le logiciel de généalogie les propulse dans le passé. Les voilà rendus au temps de Louis XIV et de ses terribles dragons... Ils doivent aider Philémon, un jeune protestant persécuté, qui est en fait leur ancêtre.

     

    Sur le mode des petits romans de la "Cabane magique", ce nouveau livre jeunesse de La Cause allie la découverte historique et l'aventure. Basé sur l'histoire vécue de Jean Migault (un protestant du Poitou victime de la Révocation) il permet aux enfants de 8 à 13ans de découvrir cette période majeure de l'histoire du protestantisme. C'est très bien fait, les chapitres sont courts, le rythme est enlevé. Super découverte.

     

     

     Lire aussi:


    hélène fillet-phan van song,littérature jeunesse,protestantisme,roman jeunesse,roman historique,louis xiv,la cause,refuge,persécutions,tolérance littérature jeunesse,protestantisme,roman jeunesse,roman historique,louis xiv,la cause,refuge,persécutions,tolérance,hélène fillet-phan van song

  • Déconstruire l'homéopathie

    saoule hahnemann,homéopathie,occultisme,médecines parallèles,santé,science,histoire de la médecine,olivier faure

    Comment expliquer le succès de l'homéopathie? L'histoire de cette doctrine de soin ressemble à un roman. Cela est du en grande partie à la personnalité flamboyante de son inventeur, Samuel Hannemahn (1755-1843), considéré tour à tour comme un charlatan ou un génie.

     

    Pour Olivier Faure, la popularité de l'homéopathie est liée à ses aspects spirituels, voire religieux. Il en replace la genèse dans la médecine des Lumières, et nous dresse un portrait extrêmement intéressant d'Hannemahn, luthérien d'origine, prophète messianique et sectaire prétendant réunir l'ensemble des connaissances dans une théorie explicative unique, qu'il expose dans une "Bible": L'organon de la médecine rationnelle. La diffusion de cette médecine controversée - Hannemahn se posera volontiers en martyr de la science officielle - se fera par le biais de disciples à la personnalité exceptionnelle, et en remportant les suffrages non dans le monde académique, mais dans l'opinion publique.

     

    En réalité, Samuel Hannemahn est en symbiose avec l'idéologie du dix-neuvième siècle si bien décrite par Philippe Muray, et qu'il appelle "occulto-socialiste". Le principe fondateur de l'homéopathie repose sur la doctrine occultiste des correspondances (microcosme et macrocosme) et la croyance aux énergies dynamiques (par la dilution et la dynamisation d'un simple principe actif en quantité infinitésimale). L'auteur montre qu''lle rejoint les autres ésotérismes de son temps (animisme, vitalisme, magnétisme animal, phrénologie, hypnose...), le culte romantique de la Nature, et trouve un public dans les courants contestataires (saint-simonisme, fouriérisme, socialisme utopique), devenant la "plaque tournante d'une nébuleuse spiritualiste rêvant d'harmonie entre le spirituel et le rationnel, où se côtoient médecins et non-médecins, piétistes et socialistes, phréonologues, spirites et magnétiseurs."

     

    Sans entrer pour sa part dans le débat idéologique, l'historien analyse l'homéopathie comme un mouvement social et culturel qui a su s’adapter aux évolutions de la société et utiliser la critique d'une médecine classique "indifférente aux aspirations confuses et complexes de l'individu souffrant".

     

    Il donne néanmoins au chrétien averti de sérieux moyens de discernement. A l'heure où les médecines parallèles jouissent d'une faveur incroyable, il est important de prendre du recul et de connaitre leur origine occulte et pseudo-scientifique, contraire à l'enseignement biblique. L'efficacité de l'homéopathie apparait au final aussi réelle que douteuse, bien plus spirituelle que scientifique, philosophique que médicale ; la croyance du patient y joue un rôle essentiel. A ce titre, c'est une lecture fort instructive et documentée.

     

    Olivier Faure est professeur d'histoire contemporaine à l'Université Jean Moulin - Lyon III, et spécialiste de l'histoire de la médecine.

     

    A lire aussi: La recension de Vincent Viet dans la Revue française des Affaires sociales, 2015/4 n°4

     

    Et pour compléter:

    Capture d’écran 2016-04-07 à 16.01.19.png

    Capture d’écran 2016-04-07 à 16.01.54.png

     

  • Premier contact avec Karl Barth (1886-1968)

    Capture d’écran 2016-03-23 à 17.42.28.png

    L’œuvre de Karl Barth (1886-1968) est imposante et son influence a été déterminante pour le protestantisme de la 2nde moitié du XXe s. Aujourd’hui, un certain nombre en a entendu parler – principalement pour sa prise de position prophétique lors de la montée du nazisme, peu sont ceux à l’avoir lu, et une minorité peut dire le connaître.

               

    Voilà pourquoi cette synthèse d’Henry Mottu est particulièrement bienvenue. Elle aborde les grands thèmes de sa théologie : le lien entre Ecritures et Parole de Dieu, transcendance radicale du Tout-autre et centralité de Christ, sa dialectique du mal comme non-être et, ce qui lui a beaucoup été reproché, la nature de son universalisme et sa doctrine de la réconciliation. Le tout dans une perspective historique qui tient compte des contextes et de l’élaboration de sa théologie dans le temps. Pour cela, l’ensemble de l’œuvre est convoquée : celle de la dogmatique régulière (l’imposante Dogmatik inachevée, qui est en fait une série de cours rassemblés) et de la dogmatique irrégulière (traités, conférences, etc.).

     

    Même si l’approche aurait pu être plus critique – Barth pose un certain nombre de problèmes, surtout pour un lecteur orthodoxe (existe-t-il, par un exemple, un "oui" inconditionnel de Dieu à l'humanité indépendamment de la repentance et de la foi?) – l’exposé est clair, objectif et comporte de larges citations. Il permettra donc un très bon premier contact.

  • Voyage au bout de ma nuit

    témoignage,anduze,mission timothée

    Quand on se promène le long du boulevard Jean Jaurès, à Anduze, on longe le haut mur de ce qui fut l'orphelinat protestant.

    C'est là qu'Yves a grandi, sous le regard sévère et bienveillant de Marraine, la directrice. Il y entend la lecture de la Bible qui marque sa conscience; mais cela ne l'empêchera pas de suivre un instinct qu'il a sauvage et révolté.

    Photos à l'appui, Yves nous embarque dans une épopée tragique et déjantée - une vie de zone, de décrochages, de défonce, d'amitiés, d'amour, d'art, avec son style bien à lui, à pleurer de rire ou à pleurer tout court. Il décrit tout ; le quotidien de l'enfance à "La Famille", la communauté protestante d'Anduze et ses oeuvres, les Cévennes des 70's et 80's, les frasques, les foyers de jeunes travailleurs, l'instabilité chronique - autant de reflets d'une époque passée à se chercher et à se perdre.

    La réponse viendra alors qu'il ne s'y attend pas, en débarquant par hasard dans une maison d'accueil - nous sommes au début de la Mission Timothée - où il entendra à nouveau la Parole de Dieu. A partir de là s'ouvrira un autre chemin, celui de la paix, de la consolation et de la guérison. Comme il le dit lui-même, "Dieu nous cherche dans les ténèbres". C'est dire vrai, car il y a un bout au voyage dans la nuit.

  • Lila

    Capture d’écran 2016-01-03 à 17.26.26.png

    "On échoue toujours à parler de ce qu'on aime" écrivait Roland Barthes peu avant de mourir. C'est une raison pour ne pas trop en dire sur les romans de Marilynne Robinson.

     

    Lila est un personnage qui apparait à l'arrière-plan de Gilead et Chez nous (qui forment une sorte de trilogie), dont on devine qu'elle a un passé. Mariée au pasteur Ames, mère d'un petit garçon, elle est, comme la plupart des gens de Gilead, entourée de silence et de solitude. Ce chagrin vient de loin, et c'est son histoire, pleine de pudeur, que nous raconte l'auteur.

     

    Le récit nous conduit subtilement à travers la vie intérieure de Lila, ses souvenirs - rejetée par sa famille, enlevée par une vagabonde - et ses réflexions sur le déshonneur, le péché, l'injustice et la culpabilité :

    « On ne se débarasse pas de la culpabilité ; il n’existe aucun moyen décent de la renier. Toute cette amertume, tout ce désespoir et toute cette peur, enchevêtrés et liés, appelaient la pitié. Non, mieux, ils appelaient la grâce. » (p.356)

    Pourquoi les choses se passent-elles comme elles se passent? En filigrane apparait un monde de questions existentielles, qu'elle apprend à formuler au contact de ce vieux pasteur qui prend soin d'elle comme d'un oiseau blessé, et des textes qu'elle lit - en particulier un passage d'Ezéchiel.

     

    Lila est une histoire d'amour et de rédemption aux inquiétudes théologiques hors du temps (anachroniques, et donc les seules essentielles), balancée par la mélancolie de ce Midwest un peu triste et l'espoir d'avoir trouvé, quelque part sur terre, un lieu de refuge.

     

    Marilynne Robinson, Lila, Actes Sud, 2015 ♥♥♥

     

    Lire aussi : la critique de Télérama.

     

  • Conseil à la France désolée

    Capture d’écran 2015-11-30 à 17.18.56.pngÀ l'apogée de la Renaissance, dans une France prospère et cultivée qui est un modèle pour l'Europe, une bande armée dirigée par le Duc de Guise massacre des protestants qui se réunissent dans une grange à Wassy, en Lorraine. Cet épisode marque le début des guerres dites « de religion » qui ruineront la France et malgré l'épisode pacifique du règne d'Henri IV, conduiront à la persécution puis à l'exil des protestants français qui iront apporter à d'autres pays européens leurs idées et leurs ressources.
    Un an à peine après le massacre de Wassy, un philosophe humaniste, Sébastien Castellion, effaré par l'étendue des massacres (plus de 50 000 français des deux confessions sont déjà morts) écrit cette lettre ouverte aux prêcheurs, aux princes et aux « gens privés ».
    Dans un style simple et direct, il analyse avec clarté les causes du conflit, renvoie chaque parti à ses responsabilités et propose une analyse des scénarios possibles pour la suite des événements.

    Un texte de référence dans la construction de la tolérance et du pluralisme.

    La préface de Pierre Joxe, magistrat devenu avocat, ancien ministre de l'intérieur et de la Défense replace l'ouvrage de Castellion dans son environnement politique et historique et fait découvrir au lecteur ce philosophe de la tolérance.

    A lire aussi:

    sébastien castillan,histoire du protestantisme,tolérance,pluralisme,massacre de wassy,guerres de religions,xvie s.,théologie sébastien castillan,histoire du protestantisme,tolérance,pluralisme,massacre de wassy,guerres de religions,xvie s.,théologie

  • Roux le Bandit dans la Grande Librairie

    Capture d’écran 2015-11-18 à 17.46.06.pngRoux le Bandit, d'André Chamson, était dans la Grande Librairie 12 novembre... défendu par un libraire convaincu!

    C'est à 33'18'' et 57'34'' - pour redécouvrir ce classique de la littérature française et protestante, réédité depuis peu chez Alcide. 

    Capture d’écran 2015-11-18 à 17.43.51.png

  • Protestantisme de Roland Barthes (1915-1980)

    Capture d’écran 2015-05-09 à 17.48.09.pngDans le dernier BSHPF, Bertrand Gibert consacre un article très intéressant au "protestantisme" de Roland Barthes

    L'occasion de lire, ou de relire, l'un de ses livres les plus connus (incontournable des études littéraires) : Mythologies. Notre vie quotidienne se nourrit de mythes, sur lesquels nous n'avons guère de recul : la voiture, la publicité, le cerveau d'Einstein, l'Abbé Pierre, le lait et le vin, etc... Isolés, dans de brefs textes, de l'actualité qui les a fait naître, ils apparaissent pour ce qu'ils sont vraiment: des éléments de notre idéologie, la culture de masse moderne. 

    Ces "signes" sont ici déconstruits par Barthes, dans une sorte d'iconoclasme méticuleux et froidement humoristique - jusqu'au fameux passage de Billy Graham au Vel d'Hiv, en 1955 (qui reçoit un traitement aussi atroce que réducteur,encore que...). Cette "démystification", ou "démythologisation", peut avoir certains traits proprement protestants, celle de la lutte contre les Images, et sur laquelle il a de jolies formules :

    "L'image suscite une fascination, la parole une appropriation."

    Sa grande influence n'est pas sans poser de sérieux problèmes (herméneutiques et éthiques), et rares sont ceux qui ont tôt perçu, comme Jean Brun, les effets pervers du structuralisme. Sans doute cela a-t-il été déjà fait, mais on appliquerait volontiers à Barthes sa dissection des mythes, car il en est lui-même devenu un.