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Le grand livre des Negro Spirituals

4603.jpgD'où viennent et que sont vraiment les negro spirituals?

   Dans ce livre qui est effectivement un « grand livre », Bruno CHENU nous raconte avec chaleur l’épopée d’une musique, d’une libération et d’une foi ou comment le chant des esclaves est devenu un chant de révolte et d'espoir aujourd'hui universel. 

    L'étude est construite en deux temps ; d'abord une synthèse historique, limpide, qui retrace l'émergence d'un protestantisme noir sous l'effet des différents Réveils (méthodistes, baptistes...) dans le contexte de l'esclavage ; l'auteur aborde à la fois la justification théologique d'un usage de la main d'oeuvre servile, et sa contestation par une prédication qui va transgresser les barrières sociales comme celles des préjugés. Dans le chapitre « La foi des esclaves » – passionnant – C. dresse un tableau de la pratique religieuse de ces esclaves, de son évolution, et fait du negro spiritual une sorte d’espace d’indépendance où le noir retrouve sa dignité sous le regard de Dieu. La proclamation de foi tendue vers l’espoir d’une libération concrète manifeste une liberté déjà acquise intérieurement par l’expérience de conversion.

Suit une analyse théologique et thématique, aussi fine que passionnante, du contenu de ces chants. L’auteur met en relief la récurrence du thème de la liberté et de son attente au travers d’une rappropriation fondamentale, celle de l’Exode d’Israël (« Une Bible à saveur d’exode ») auquel le peuple noir s’identifie. Le Negro spiritual chante la détresse et la délivrance, l’invoque, enracine la foi au sein de la souffrance par la mise en scène de héros choisis : Moïse, Josué, Daniel… Le livre s’achève sans se terminer sur la nature de cette espérance (« Destination ciel »), à la pointe de la foi exprimée, et que l’auteur met à sa juste place : bien qu’elle comprenne une dimension politique et que le ciel des négros a « souvent des couleurs du Nord », elle ne saurait s’y résumer ; l'espérance transcende l’expérience négative dans des évocations d’une poésie saisissante, où la consolation de la gloire est le contrepoint d’une justice enfin rendue en faveur des opprimés

Laissant le plus souvent la parole aux esclaves eux-mêmes, B. Chenu a mis en appendice un choix considérable de textes et un CD –  ce qui agrémente d'autant la lecture. S. Z.

     


   

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