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Le crime de Martiya van der Leun

6685.jpgFasciné par ce fait divers, Mischa, un jeune journaliste récemment installé en Thaïlande, entreprend une véritable enquête sur le passé de la meurtrière et de sa victime. Elle va le mener jusque dans les montagnes du nord, chez les Dyalo, une tribu dont Martyia avait adopté les croyances et qui se convertit soudain au christianisme.

 

Dans ce vrai roman, l’intrigue (extrêmement captivante et bien construite) met en prise des personnages au milieu d’une luxuriance tropicale hantée de questionnements. Ils touchent aux rapports énigmatiques entre l’anthropologue et son sujet d’étude, entre l’anthropologue et cette famille de missionnaires, entre la foi chrétienne et l’animisme, la science et l’irrationnel, le primitif et le civilisé.

 

Le Crime de Martiya van der Leun est avant tout une excellente histoire : exotisme, mystère, narration prenante, personnage consistants, « résistants » (au sens où, toujours, une part de leurs gestes leur appartient en propre et nous résiste). Le lecteur est trimbalé dans les collines, cherchant le secret des Dyalo, ce rite du « Riz », fondateur de la société, que Martiya veut percer à tout prix. Celle-ci, d’abord imprégnée de sa formation universitaire, dérive vers la croyance qu’elle étudie ; l’esprit scientifique et le relativisme de l’ethnologie butent devant un impondérable : l’irrationnel agissant des cultures animistes. Et Martiya est comme envoutée dans sa quête.

 

En parallèle, la famille Walker, vénérable pépinière de missionnaires baptistes, dont on suit l’épopée extraordinaire à travers l’Asie du Sud-Est. Un monde. Le lecteur évangélique retrouvera son parler saturé de Bible, ses références et son espérance millénariste, que l’auteur dépeint avec une malice bienveillante. Mais surtout, au travers du personnage de David Walker, c’est la puissance mystérieuse de l’Evangile qu’il annonce,  son charisme capable d’arracher les Dyalo à leur tradition, à la peur des esprits, qui ne cesse de troubler. Il contraste avec la démarche de Martiya, avide de comprendre de l’intérieur, et malgré son objectivité, totalement happée, instrumentalisée, par le surnaturel ambiant. Ainsi, les frontières se brouillent ; loin des clichés modernes sur les méchants-missionnaires-destructeurs de culture et les respectueux-ethnologues- empreints-de-la-tolérance-du-relativisme, Mischa Berlinski rend à l’irrationnel de la foi (n’en déplaise aux apologètes) toute son opacité, sa complexité, son danger, écornant au passage les mythes que sont devenus les grands anthropologues.

L’aventure m’a plu et tenu en haleine. J’espère qu’elle vous plaira aussi.

 

Voici la présentation du roman par son auteur (il faut faire fi du mauvais français...):

 


Mischa Berlinski - Le crime de Martiya Van der... par Librairie_Mollat

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