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L'OR de l'édification chrétienne

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La meilleure littérature d’édification chrétienne n’est pas toujours celle que l’on croit. L’idéal de Calvin pour la lecture est à l’origine de l’Institution de la religion chrétienne :

5313.jpgLa sainte écriture contient un enseignement parfait auquel on ne peut rien ajouter, puisque notre Seigneur a voulu y déployer les trésors infinis de sa sagesse. Cependant, une personne peu familiarisée avec lui a besoin d’être guidée pour discerner ce qu’elle doit chercher, sans s’égarer, pour avancer avec assurance afin d’arriver finalement là où le Saint-Esprit l’appelle.[1]

Calvin associe la lecture à l’affermissement de la foi par la connaissance de la saine doctrine. Une foi mûre est pour lui une foi capable de rendre compte avec « assurance » de ses principaux articles, de les défendre et de les transmettre. Selon ce projet, la lecture « profitable » sera une lecture où l’étude personnelle s’approprie – prolonge – la catéchèse évangélique.

Pour le Réformateur, la connaissance de Dieu excède l’intelligence informée et livresque ; elle est une connaissance surnaturelle de la foi[2]. Mais l’étude de la littérature biblique participe à son fondement sur des doctrines révélées et éternelles, autrement plus solides et stables que notre expérience. Malheureusement, cette façon de concevoir l’édification suscite peu d’enthousiasme, car elle implique un devoir, un travail de « rumination », d’examen, qui tranche avec notre goût de l’immédiateté. Ce que le lecteur cherche dans l’édification, c’est souvent une intensification de sa vie spirituelle (d’où le développement de la littérature psychologique), un profit consommable sur place, une foi « clefs en mains » centrée sur soi ; on en reste ainsi à l’écorce des choses.

            En revanche, la méditation au long cours jouit d’ouvrages de référence (dont l’indispensable collection OR d’Excelsis), qui peuvent servir de « guides », comme dirait Calvin, dans l’appropriation des vérités de la Rédemption et participer ainsi à une structuration de la foi dans la durée. Est-ce à dire que ces ouvrages sont suffisants ? Loin de là. Pour que la foi s’édifie et se communique, il faut réunir toutes les composantes de « l’harmonique » de la transmission. Parmi les « majeures », le chant, la prédication, la foi comme témoignage de vie, la vie communautaire, l’amour, « l’esprit de foi »… La lecture personnelle pourrait représenter ainsi une « mineure », prolongation et reprise de la « basse continue » de la catéchèse. A sa place, modeste mais complémentaire, en dialogue constant avec la Bible, elle a tout son rôle à jouer dans notre édification.

            L’Evangile vécu dans sa richesse nous gardera d’être des « enfants emportés à tous vents de doctrine », et fera que la « réflexion veillera sur nous ». C’est une arme supplémentaire donnée à la foi dans le combat contre les discours faciles et pervers, consuméristes, révoltés, nihilistes et athées.

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[1] Jean CALVIN, Institution de la Religion Chrétienne, mise en français moderne…, 2009, p.xxiii

[2] Voir ibid., pp. 497-499

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