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L'espérance chrétienne d'Henri Blocher - Présentation des libraires

001a.jpgLa question abordée est ici celle du contenu de l’espérance chrétienne, et des modalités de sa concrétisation. Elle laisse un peu de côté, et c’est dommage, sa fonction en rapport à la foi. L’espérance se décompose en un prisme de thèmes complémentaires, renvoyant tous, les uns par les autres, à notre devenir ultime : la résurrection, le millénium, le jugement, le règne de Dieu, la parousie… Henri Blocher les aborde les uns après les autres, sans s’appesantir, en exposant les termes du débat et en recourant, grâce à des explications succinctes, aux textes bibliques. Ces derniers, confrontés les uns aux autres, et enrichis de définitions des termes par leur étymologie quand cela est éclairant (ex : géhenne, parousie…), donnent une « ligne à croire » généralement très convaincante.

 

Plusieurs exemples positifs de la démarche peuvent être donnés :

-          Sur la question des "signes" de la fin des temps, Blocher déplace le débat de la chronologie (souvent difficile à établir dans les prophéties), vers leur signification. En Matthieu 24, Jésus donne des indices qui sont à la fois trop peu pour établir une chronologie déterministe, et suffisants pour donner au chrétien l’assurance que Dieu conduit l’histoire, et la mène vers son but. La fonction première des signes est de conduire à veiller.

-          Au sujet de « l’état intermédiaire » (à savoir, ce que deviennent les chrétiens décédés en attendant la résurrection des corps), l’auteur introduit la question par une réflexion sur la discrétion biblique (le peu d’informations que la Bible donne sur le sujet). La Bible, au contraire d’autres religions (comme la religion Egyptienne), ne développe pas l’imaginaire de l’après-mort ; elle laisse à la mort tout son mystère, afin de ne pas amoindrir le drame qu’elle représente.

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Nous pourrions multiplier les illustrations de ce traitement fort judicieux, qui dépasse l'accessoire pour  saisir l’essentiel. A ces louanges légitimes se greffent quelques bémols :

-          L’exposé de M. Blocher, notamment sur le millenium, se réfère souvent au prémillénarisme dispensationnaliste pour le discuter (par ex : René Pache). Si cela était compréhensible pour Grier, on peut se demander si le combat n’a pas perdu de son actualité. Au contraire, le schéma  « postmillenariste », avec l’espoir plus ou moins affirmé d’une christianisation du monde (tel que défendu par Courthial) mériterait davantage de réflexion. Cette conception douteuse imprègne une sphère évangélique bien plus large que celle des néo-réformés « carrés ».

-          Dans la même veine, on s’étonne toujours de l’absence du texte de 2Pierre3.10 dans l’eschatologie évangélique ("Ils ignorent volontairement..." dit l'apôtre...). Roland Chia (L’espérance, Farel), va jusqu’à penser que le nouveau ciel et la nouvelle terre se situent dans une sorte de continuité, une terre « libérée du péché », sans prendre en compte la rupture que constitue cette destruction annoncée, et encore moins ses conséquences pour le rapport du chrétien à la terre (surtout en ces périodes d’obnubilation écologiste !). Quant à lui, Blocher reste d’une discrétion qui n’est pas sans ambiguïtés. Comme pour le prémillénarisme dispensationnaliste, l’espoir pharisaïque d’un Royaume établi en plénitude sur la terre se heurte à de nombreuses affirmations bibliques. 

-          On ne suivra pas forcément M. Blocher sur les rapports entre la justification et les œuvres lors du Jugement (pp.74-75), assez simplistes (qu’on nous pardonne l’audace de le penser), mais le débat mériterait plus qu'une recension. 

-      Enfin on pourra regretter une disproportion d'intérêts : parler de la béatitude comme "accomplissement de la personne" (il aurait mieux valu parler "d'accomplissement de la vocation humaine", moins connotée par l'individualisme et l'humanisme ambiants) et n'accorder aucun chapitre à la signification de la Jérusalem Céleste. 

 

Ces réticences ne doivent pourtant pas faire ombrage à l’ensemble : on retiendra l’équilibre et la mesure tout à fait appropriée, ainsi que les nombreuses lumières qu’il apporte, et qui manquaient sous cette forme. Sans doute le passage le plus exaltant, et traité de manière à la mettre en valeur, est celui sur la résurrection à venir (ch.4). Il vaut vraiment la peine de le lire. Conclusion : le premier livre à lire le sujet, surtout pour ceux qui ont le vice d’aimer savoir, dans la mesure du possible, ce qu’ils peuvent croire et attendre.

 

S.Z.

Commentaires

  • Merci pour cette présentation très constructive !

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