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Karl Marx sort de sa naphtaline...

9782262032708.gif...grâce à Bernard Cottret.

 

Bernard Cottret n’a pas ménagé son labeur pour rédiger cette nouvelle biographie de Marx : livres et correspondances ont fait l’objet de toute son attention. Masse d’informations, de nuances et de précisions ; autant d’éléments qui auraient pu rendre ce livre complexe. Il n’en est rien car Bernard Cottret a maîtrisé avec talent la production et la vie d’un Marx que l’on découvre américanophile, russophobe, libéral à ses heures, historien, méfiant face aux révolutions, idéaliste et pratique… Surtout, ce livre nous fait pénétrer les ressorts multiples qui ont présidé à l’élaboration d’une pensée profonde et polymorphe. Ainsi Marx tout en puisant à l’hégélianisme de gauche s’en distance en conceptualisant l’athéisme à partir de la réflexion critique, élaborée par Bayle d’abord, puis par les théologiens protestants. L’auteur poursuit en nous montrant que la critique de Marx ne signifie pas un rejet pur et simple du christianisme ou du capitalisme mais une volonté de dépassement par une pensée centrée sur le prolétariat où l’histoire et l’économie prennent une dimension primordiale. Ouvrage titanesque servi par une belle langue, fourmillant d’anecdotes, à savourer en cette fin d’année et à méditer à l’aube d’une nouvelle.

4ème de couverture:

Marx est mort deux fois. D’abord le 14 mars 1883, ensuite un siècle plus tard, victime de ses disciples qui ont couvert de son nom la plus navrante des utopies. Le premier Marx, redécouvert ici, plein de sève et d’ardeur, est un travailleur infatigable, ami d’Engels, époux très aimant de l’aristocrate Jenny von Westphalen et affectionné aux enfants. Profondément russophobe et américanophile, admirateur critique du libéralisme et partisan du libre-échange, ce polyglotte balança longtemps entre la France et l’Allemagne, avant de choisir l’Angleterre. Juif honteux et Allemand désabusé, il s’acharna contre la culture philosophique dont il était pétri. Les révolutions de 1848 et de la Commune lui inspirèrent davantage de méfiance et de sarcasmes que d’éloges. Formidable écrivain, orateur médiocre, cet Européen avant la lettre, homme de cabinet, péremptoire et ignorant du monde qui l’entoure, a mis son immense culture et son puissant tempérament au service d’une oeuvre au total inaboutie, et d’une cause qui l’a dépassé. Voici un Marx enfin décapé et dépoussiéré, sans hostilité mais sans complaisance.

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