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Jean Brun (3) : Surabondance et paradis perdu

Capture d’écran 2015-03-24 à 14.02.18.pngQuand Jean Brun publie Le retour de Dionysos en 1969, il dénonce clairement le mouvement de libération de mai 68, mouvement d’exaltation, de plaisir, d’évasion et de perte de conscience de soi par l ‘usage des drogues, de la musique…Cette quête n’est pour lui qu’une recherche effrénée du bonheur, que la société machiniste promet afin de substituer à l’eschatologie chrétienne une eschatologie techniciste[1]. Chez Jean Brun, cette mutation montre que l’homme est À la recherche du paradis perdu, qu’il ne peut atteindre à cause de la chute. Cette tentative d’évasion de l’homme est évidente dans « l’économie de la consommation qui engendre toute une vision du monde. »[2]

L’après 45 dans l’Europe occidentale est pour diverses raisons une époque de prospérité sans précédent qui s’étend jusqu’aux deux chocs pétroliers de 1973 et 1979. Epoque de plein emploi et de consommation facile, elle offre à l’homme, Brun le souligne, « tous les possibles », puisqu’elle s’accompagne d’un développement des plus hautes technologies permettant de marcher sur la lune, de mettre des satellites en orbite et de fabriquer des robots que Brun appelle « les nouvelles Eve »[3]. La machine occupe et développe alors une fonction onirique qui pousse à l’homme à retourner aux mythes, en ayant la certitude qu’il va pouvoir s’affranchir de l’espace et du temps. En pleine période d’abondance, Jean Brun parle à contre-courant et tente de prouver que l’homme en agissant ainsi s’égare et s’aliène plus qu’il ne se libère.

Brun ne peut que nous inviter alors à revenir à l’unique source de Vérité, de Lumière et d’Espérance :

 

L’homme aujourd’hui est un être dés-orienté : c’est-à-dire un être qui a perdu l’Orient, ce pays symbolique où la Lumière se lève ; il sait discerner l’aspect du ciel, mais est incapable de discerner les signes des temps ; car il reste satellisé autour de Lumière. Car si nous sommes attentifs aux lits que creusent les rivières, l’éclairage que nous projetons sur eux nous fait oublier la source d’où les fleuves sont nés et l’océan dans lequel chacun d’eux s’engloutit.[4]



[1] Jean Brun, Le rêve et la machine, op. cit., p. 15.

[2] Jean Brun, À la recherche du paradis perdu, Presses Bibliques Universitaires, 1979, p. 25.

[3] Jean Brun, Les masques du désir, op. cit.,, p. 96.

[4] Jean Brun, Le mal, op. cit., p. 189.

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