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Fiche de lecture - Le désir et la tendresse, Eric Fuchs

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4ème de couverture: 

Comment la grande libération proposée par l'Evangile a-t-elle pu être traduite, au cours de l'histoire du christianisme, dans les termes d'une morale contraignante et légaliste ? Comment, en particulier, la promesse faite à l'homme et à la femme de devenir " une seule chair " a-t-elle pu se transformer en interdits de toute espèce touchant à la sexualité ? Tenter de comprendre le sens et les leçons de cette évolution a été la première motivation de cet essai. 
Eric Fuchs nous propose ici une interprétation renouvelée des textes bibliques sur le couple et la sexualité, et une analyse de la tradition chrétienne, des Pères de l'Eglise aux moralistes modernes en passant par les théologiens médiévaux et les Réformateurs. Il nous invite ainsi à juger, en toute connaissance de cause, les critiques régulièrement adressées aux "tabous de la morale judéo-chrétienne".
Il nous montre que l'Evangile permet à l'homme et à la femme une pleine reconnaissance de la valeur spirituelle de l'érotisme. Au-delà de la mode d'une "libération sexuelle" dont il met en évidence les écueils, il clarifie les principes d'une véritable éthique chrétienne de la sexualité, où l'amour humain s'inscrit dans un projet de liberté, de fidélité et de conjugalité. Un livre de foi et de sagesse vivante qui nous appelle à rendre féconde la tension entre le désir, pulsion de vie personnelle, et la tendresse, reconnaissance émerveillée de l'autre dans toute sa radicalité.

Avis du libraire: 

Le désir et la tendresse est le complément, ou le prolongement logique, de Bible et sexualité (Paul WELLS (dir.), éditions Excelsis, 2004) ; sa réflexion, riche et vivante, met principalement en avant la vocation relationnelle de la différenciation sexuelle homme/femme, ainsi que la dimension fondatrice du langage dans le pacte qui les unit. Son éthique, en fait assez traditionnelle, se fonde sur une compréhension intelligente et critique de la tradition chrétienne comme des textes bibliques, à la lumière d’une conception forte de l’altérité. Et cet apport est incontournable pour comprendre que le couple est une construction, la construction d’une relation qui permette la pleine expression, la pleine signification, de la sexualité, dont les maîtres mots sont donnés dans le titre : désir et tendresse. On pourra cependant critiquer tel ou tel point, notamment la place faite au langage pour déterminer les rôles respectifs dans le couple, mais ce n’est qu’un exemple. Une part trop importante accordée au langage, qui évolue en fonction de la société, comme fondement du couple, c’est aussi le soumettre au danger de sa propre « plasticité », et donner à la compréhension mutuelle plus de poids que les textes bibliques qui en parlent. Car le couple est aussi une réalité « créationnelle » (et pas seulement une réalité qui se modèle dans son rapport avec l’autre et la culture ambiante), dont les fonctions et les rôles sont distinctement répartis ; cette acceptation de l’ordre divin, à l’opposé d’une justification réactionnaire et bien qu’il grince singulièrement avec l’esprit du temps, est aussi une garantie, par son acceptation, de stabilité, de clarté dans les rapports, et d’épanouissement de la sexualité.

Le grand mérite de Fuchs est d’avoir ramené la primauté de la parole sur le lien juridique du mariage bourgeois monogame, c’est-à-dire d’avoir réhumanisé une relation que l’ordre social et le catholicisme avaient réduit à un état de fait, à accepter, et privé de sa signification vivante. L’érotisme et l’amour deviennent sous sa plume, parfois un peu psy, parfois poétique, le lieu de la pleine reconnaissance de l’autre et de l’accession à sa propre vérité par l’autre. Une contribution incontournable pour qui médite le sujet avec sérieux. 

 

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