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Ethique et société

  • Géopolitique de la nation France : interview de Frédéric Encel

  • De l'accélération à l'aliénation : une critique des temps modernes

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    L’Ecclésiaste écrivait qu’ « il y a un temps pour chaque chose ». Le respect de la succession des temps, qui invitait à relativiser l’importance du présent tout en le vivant pleinement, était un enseignement de la Sagesse. A la succession des temps (un temps pour se réjouir, un temps pour pleurer, un temps pour aimer, un temps pour faire la guerre…) devait correspondre une attitude appropriée : on ne peut pas tout vivre à la fois; on ne peut être partout à la fois; on ne peut pas tout faire en même temps. Au contraire, un « temps » équivaut à une « tâche », que l’on mène à son terme en s’y « consacrant ». L’acceptation de l’écoulement du temps, de ses rythmes naturels et biologiques, et de ses alternances, contenait une promesse de paix.
     
    Or, comme le montre brillamment Hartmut Rosa dans son petit livre Aliénation et accélération, le temps dans la modernité tardive est soumis à une triple accélération :

     

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  • Réenchanter la nation : à propos de Géopolitique de la nation

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    « Il faut cultiver son jardin » pourrait être l’autre titre de cet ouvrage. Preuve encore que celui qui rend compte ne peut pas s’empêcher de penser autrement le livre qu’il vient de lire et dont il doit « parler ».

     

    Et pourtant …Rien de plus vrai pour ce petit livre de Frédéric Encel et Yves Lacoste qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour « réenchanter » la nation.

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  • Ecrits philosophico-théologiques sur le christianisme

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    Derrière ce titre un peu impressionnant se cache une recueil d'articles à découvrir absolument.

     

    Charles-Eric de Saint-Germain, dont on aura déjà pu lire La défaite de la raison (Salvator), nous donne une série de leçons philosophiques en rapport avec des thèmes majeurs du christianisme : l'amour, le plaisir, le corps, la violence... ainsi qu'une réflexion passionnante sur "Peut-on être chrétien et Franc-maçon?" (en se basant sur les différences entre révélations bibliques et ésotériques dans la quête de la sagesse) ou une introduction aux stades de l'existence chez Kierkegaard.

     

    Les avantages d'une telle lecture sont nombreux. Outre l'initiation à certains auteurs, elle donne au croyant une perspective critique sur les idées et les tabous de la modernité (que l'on gobe parfois sans y faire attention, et sans se rendre compte que l'on abandonne sa liberté), tout en affermissant certaines convictions fondamentales.

     

    Comme souvent, la limite du livre vient du statut que l'on confère à la raison dans l'intelligentsia évangélique. Le "refus de sacrifier la raison sur l'autel de la foi" qui caractérise les démarches apologétiques et systématiques sont un point aveugle de la culture occidentale que ces théologiens se gardent bien de critiquer. La Raison est un dieu décidément bien installé, un de ces hauts-lieux dont on conserve le culte à côté de celui rendu à Dieu. Le lecteur trouvera néanmoins dans ce livre une réflexion importante et nécessaire, que nous ne pouvons qu'encourager.

     

    Table des matières.

  • (Conférence) Roland Barthes : de la mort de l'auteur au plaisir du texte

    La Librairie Jean Calvin a le plaisir d'accueillir ce soir François Dosse (cliquez dessus pour voir en grand) :

    françois dosse,roland barthes,protestantisme et littérature,structuralisme

  • Egobody, l'homme qui a perdu son âme

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    Robert Redeker est un philosophe aussi perspicace que courageux. Ayant osé, dans une tribune du Figaro de 2006, dénoncer les intimidations islamistes touchant à la laïcité, il est aujourd'hui victime d'une fatwa et vit sous protection policière. A ce jour, en France, il existe un réel danger lorsque l'on pense et s'exprime librement - et, sans doute, la véritable pensée est-elle toujours menacée, ce qui en augmente et la valeur, et l'intérêt.

     

    Première raison de se pencher sur son essai Egobody, La fabrique de l'homme nouveau (Fayard).

     

    L'homme nouveau - celui qui, fabriqué par la société matérialiste, vit en tension au milieu des écrans, relié, comme en intraveineuse, par cent tentacules électrisées à cent gadgets connectés, pris en charge par la sécurité sociale, l'humanitaire, le sport, la publicité, voué au culte de la santé et de la performance - cet homme-là a perdu son âme. Comme l'écrit l'auteur : "l'âme et l'ego, ces deux instances qui jusqu'ici constituaient l'identité de l'homme, sont confondus avec le corps, rabattus sur lui" (p.199).

     

    La perte de conscience que l'homme possède une âme est la mutation anthropologique la plus importante et la plus terrifiante du siècle passé : elle est la voie d'une négation de l'humanité en l'homme. Amputé de son intériorité et privé de transcendance spirituelle - dont l'âme est la condition de possibilité - l'homme se voit condamné au désespoir devant la mort. D'où l'attrait pour un corps immortel, une obnubilation par la santé, la jeunesse, le "mental" (contraire de l'âme, le mental est l'esprit conditionné par l'exigence de performance), le sport. 

     

    Redeker développe alors dans des chapitres aussi brefs que percutants, les causes et les conséquences d'une telle privation, nous livrant la radioscopie complète d'un homme réduit à sa matière corporelle, entre le zombie et le robot ; un excellent point de départ pour analyser le danger d' "asphyxie spirituelle" dans lequel nous place notre univers social.

     

    Robert Redeker, Egobody, La fabrique de l'homme nouveau, Fayard, 2010.

  • Etrangers dans la Cité

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    Dans le monde, "l'Eglise doit être l'Eglise, et rien d'autre que l'Eglise". Cette déclaration donne le ton de cet ouvrage, qui souhaite rappeler la vocation de l'Eglise dans notre société.

     

    Plusieurs théologiens se sont fourvoyés, nous disent les deux auteurs, en tentant d'adapter le message de l'Evangile au monde afin de le rendre plus accessible et plus acceptable. Tentative ultime, selon eux, pour redorer le blason du christianisme qui aurait connu son âge d'or dans le passé. Il n'en est rien, nous disent-ils, car cette soi-disant société chrétienne n'a jamais existé ; elle n'avait de chrétien que le nom. Ils affirment même, dans le premier chapitre, que "si le monde était fondamentalement chrétien, alors il faudrait s'inquiéter pour l'Eglise" car l'événement décisif pour le chrétien est la mort et la résurrection du Christ, que le monde n'est pas prêt à recevoir.

     

    En ce sens, recevoir l'Evangile conduit à s'engager dans une nouvelle communauté : l'Eglise, que nos deux auteurs définissent comme une polis. Suivant les positions du théologien mennonite Yoder, ils proposent une nouvelle compréhension du politique. D'abord en disant que l'Eglise est une politique car elle est une communauté, mais cette communauté est étrangère. Ensuite, ils affirment que l'Eglise fait de la politique non en participant au bien du monde, ou en influençant la société, mais en vivant son message pleinement.

     

    En ce sens, ils nous répètent qu'être chrétien c'est accepter de "payer un prix, car il coûte, en notre temps, d'être disciple. Le troisième chapitre insiste sur le fait que ceux qui portent l'Evangile sont des hommes et des femmes ordinaires que vivent en Jésus-Christ. En ce sens, l'expression américaine "melting-pot" n'est que trop vague et bien hypocrite, qui permet au religieux de revêtir un "habit de fin lin" tout en continuant d'haïr, de mépriser, de rejeter. Le pardon véritable et la réconciliation ne s'habillent pas de slogans, mais sont le fruit d'une vie livrée à la suite du Christ crucifié.

     

    D'ailleurs, il n'est nullement besoin de chercher une éthique chrétienne, nous disent-ils, car "être éthique" signifie "être Eglise", autrement dit, vivre le message de l'Evangile dans un milieu hostile. Le quatrième chapitre invite à ne pas vivre seul ce message mais à trouver notre force dans la communion de l'Eglise en acceptant de dépendre des uns et des autres. Il faut donc sortir de ces débats oiseux entre conservateurs et libéraux, entre éthique de droite et de gauche, car les chrétiens doivent simplement accepter leur faiblesse au milieu du monde. Cette incapacité nous conduit à vivre dans l'interdépendance du corps de l'Eglise, communauté formée de ceux qui ont répondu à l'injonction de Jésus : "Suis-moi!".

     

    Il est donc impératif que les chrétiens ne cherchent pas à être des héros mais à vivre des hommes et des femmes fidèles à l'Evangile. "L'éthique ne demande rien de plus que cela : une personne ordinaire vivant une vie chrétienne devant d'autres personnes ordinaires."

     

    Dans le sixième chapitre, nos auteurs reviennent sur l'importance du ministère pastoral qui ne doit pas être vécu dans une forme d'isolement ou de solitude mais en collaboration avec l'Eglise. Ils remettent en question le "Ministère" avec un grand M pour favoriser la confrontation fraternelle. Attention, car l'essentiel du zèle pastoral et de l'Eglise ne puise pas dans des techniques psychologiques, mais dans le refus de sous-estimer "le scandale de la croix et la corruption de notre culture" concluent-ils!

     

    A coup sûr, cet ouvrage prend à rebrousse-poil tous les penseurs, théologiens, responsables et membres d'Eglise de notre temps. Le verdict radical posé par les auteurs implique une dépendance complète du message, tout aussi radical, de l'Evangile, pour continuer dans l'espérance. Nous sommes loin des méthodes empruntées au monde pour nourrir les rêves d'une église conquérante! : cette sorte de "dinette évangélique" affaiblit l'oeuvre de séparation contenue dans la croix et la résurrection de Jésus-Christ.

     

    Si l'on peut adresser quelques reproches à nos auteurs, on ne peut pas retenir celui d'une position qui conduirait à se retrancher du monde. Leurs détracteurs utilisent cet argument facile pour les déconsidérer et mieux justifier leurs ambitions, et le désir, naturel, d'échapper au rejet; il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir!

     

    On peut par contre, regretter l'ambiguïté du terme "politique" dans leur développement, même s'ils prennent le soin de le définir précisément. Cet usage, sans doute un peu provocateur, perd en pertinence évangélique ce qu'il gagne en rhétorique. Cela dit, nous avons ici un ouvrage stimulant et fondamental si l'Eglise veut rester au service du message du Christ!

  • Déconstruire l'homéopathie

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    Comment expliquer le succès de l'homéopathie? L'histoire de cette doctrine de soin ressemble à un roman. Cela est du en grande partie à la personnalité flamboyante de son inventeur, Samuel Hannemahn (1755-1843), considéré tour à tour comme un charlatan ou un génie.

     

    Pour Olivier Faure, la popularité de l'homéopathie est liée à ses aspects spirituels, voire religieux. Il en replace la genèse dans la médecine des Lumières, et nous dresse un portrait extrêmement intéressant d'Hannemahn, luthérien d'origine, prophète messianique et sectaire prétendant réunir l'ensemble des connaissances dans une théorie explicative unique, qu'il expose dans une "Bible": L'organon de la médecine rationnelle. La diffusion de cette médecine controversée - Hannemahn se posera volontiers en martyr de la science officielle - se fera par le biais de disciples à la personnalité exceptionnelle, et en remportant les suffrages non dans le monde académique, mais dans l'opinion publique.

     

    En réalité, Samuel Hannemahn est en symbiose avec l'idéologie du dix-neuvième siècle si bien décrite par Philippe Muray, et qu'il appelle "occulto-socialiste". Le principe fondateur de l'homéopathie repose sur la doctrine occultiste des correspondances (microcosme et macrocosme) et la croyance aux énergies dynamiques (par la dilution et la dynamisation d'un simple principe actif en quantité infinitésimale). L'auteur montre qu''lle rejoint les autres ésotérismes de son temps (animisme, vitalisme, magnétisme animal, phrénologie, hypnose...), le culte romantique de la Nature, et trouve un public dans les courants contestataires (saint-simonisme, fouriérisme, socialisme utopique), devenant la "plaque tournante d'une nébuleuse spiritualiste rêvant d'harmonie entre le spirituel et le rationnel, où se côtoient médecins et non-médecins, piétistes et socialistes, phréonologues, spirites et magnétiseurs."

     

    Sans entrer pour sa part dans le débat idéologique, l'historien analyse l'homéopathie comme un mouvement social et culturel qui a su s’adapter aux évolutions de la société et utiliser la critique d'une médecine classique "indifférente aux aspirations confuses et complexes de l'individu souffrant".

     

    Il donne néanmoins au chrétien averti de sérieux moyens de discernement. A l'heure où les médecines parallèles jouissent d'une faveur incroyable, il est important de prendre du recul et de connaitre leur origine occulte et pseudo-scientifique, contraire à l'enseignement biblique. L'efficacité de l'homéopathie apparait au final aussi réelle que douteuse, bien plus spirituelle que scientifique, philosophique que médicale ; la croyance du patient y joue un rôle essentiel. A ce titre, c'est une lecture fort instructive et documentée.

     

    Olivier Faure est professeur d'histoire contemporaine à l'Université Jean Moulin - Lyon III, et spécialiste de l'histoire de la médecine.

     

    A lire aussi: La recension de Vincent Viet dans la Revue française des Affaires sociales, 2015/4 n°4

     

    Et pour compléter:

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  • #Top5 des meilleurs essais...

    ...présentés par vos libraires en 2015. Quelle que soit leur tendance, une approche critique de la société occidentale contemporaine, pour nous aider à en saisir les enjeux spirituels.

     

    1. Jean-Pascal Sanchez, "Mes pensées ne sont pas vos pensées", Création et évolution, Mission Timothée, 2015

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    2. Jean-Claude Michéa, La double pensée, retour sur la question libérale, Flammarion, "Champs", 2008

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    3. Byung-Chul Han, Dans la nuée, Réflexions sur le numérique, Actes Sud, 2015

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    4. Jean Brun, Philosopher avec foi, Kerygma, 2015

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    5. Fabrice Hadjadj, Puisque tout est en voie de destruction, Réflexions sur la fin de la culture et de la modernité, Le Passeur 2015

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  • (Conférence) L'écologie, nouvel opium du peuple?

    Avec une modification : la conférence a lieu Jeudi (et non vendredi) à 20h30, à la Librairie Jean Calvin.

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