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Ernest REISINGER, Votre évangélisation est-elle biblique?, 2009, Europresse

5392.jpgDevant la déferlante des moyens modernes visant une meilleure évangélisation, il y a matière à s’interroger pour peu que l’on prenne soin de se pencher sur l’enseignement biblique à ce sujet. C’est ce qu’Ernest Reisinger cherche à faire en confrontant les idées en vogues aux prédications des premiers apôtres et donc des premiers évangélistes.

Tout est une question d’orientation. Si l’attente est focalisée sur l’homme, alors l’œuvre n’est plus centrée sur Dieu. C’est sur cette réalité que s’articule tout le propos de l’auteur. L’amour pour Dieu et le souci de sa gloire ainsi que leur corolaire, l’amour du prochain, sont les véritables moteurs de l’évangélisation ; à l’inverse l’évangélisation centrée sur l’homme ne peut qu’aboutir à des conversions bancales voire des fausses conversions.

Contenu du message

L’auteur insiste sur le contenu du message. C’est par l’enseignement et la prédication que l’on annonce aux hommes, leur état de perdition, l’œuvre de Christ en vue de les amener à une juste relation avec Dieu. «  Enseignez leur à observer ». L’objectif va plus loin que la simple connaissance : en faire des disciples et les baptiser c’est à dire intégrer la communauté de l’Eglise. C’est pourquoi c’est bien l’Eglise qui est désignée comme agent pour évangéliser et non une organisation spécifique.  

Jésus est avant tout Seigneur, il l’est par décret divin, il règne sur son trône. L’expression accepter Jésus « comme leur sauveur personnel » ne rend pas compte de cette seigneurie qui est préalable à toute chose. C’est ainsi que l’on peut se dire converti sans avoir fléchi les genoux devant lui et accepté sa seigneurie sur notre vie. Jésus accompli les 3 offices : sacrificateur, prophète et roi. Nous ne pouvons nous choisir qu’un ou deux de ces aspects, il ne peut être notre sauveur sans être notre Seigneur. Or beaucoup de croyants se sont contenté de recevoir l’expiation des péchés sans se laisser instruire par l’enseignement prophétique ni se soumettre au Seigneur.

L’action de l’esprit

L’homme spirituellement aveugle et sourd ne peut entendre et recevoir la Parole sans une action de l’Esprit préalable. (Exemple de Lydie à qui Dieu a ouvert le cœur). Cette réalité remet à leur place tous les efforts des évangélistes (pouvoir de persuasion, piété, talent oratoire etc… ). Dans l’œuvre de salut, toute la gloire revient entièrement à Dieu. Cette réalité interdit de brandir « l’importante décision » comme élément décisif de la conversion. La repentance et la foi ne sont le résultat que d’un travail de l’Esprit de Dieu dans le cœur de ceux qu’il a élu. Nous n’avons pas à « choisir » Jésus.

Suivre Jésus signifie s’identifier à lui par la repentance et la foi. « Si vous ne vous repentez vous périrez tous également ». La foi qui sauve inclut la repentance elle ne peuvent être séparés. Malheureusement la repentance est le maillon manquant de l’évangélisation d’aujourd’hui. Bien des réponses sont fausses car l’appel est faussé par une présentation erronée de l’évangile. Devenir chrétien ne coute rien, car Christ à payé pour nous mais sachons aussi qu’il en coute d’être chrétien. Combats renoncement, opprobre c’est le chemin qui doit être aussi prêché sans quoi la foi est illusoire et les conséquences de fausse conversion s’avèrent parfois tragiques.

Commentaires

Par une démonstration convaincante, Ernest Reisinger combat vigoureusement l’évangélisation centrée sur l’homme, la confiance dans les moyens humains et le message largement tronqué en vue de plaire. Ses explications fournissent au passage des arguments utiles car il faut reconnaître qu’il est bien difficile de tenir tête au « dynamisme joyeux » du monde évangélique dans ce domaine. On pourra cependant reprocher qu’en limitant notre responsabilité à une annonce « orthodoxe » du message, la dimension de la compassion devant la misère des hommes manque quelque peu ainsi que la nécessité d’être conduit par l’esprit et le souffle prophétique à tout moment de nos actions.

Sa position théologique le conduisant à affirmer que l’homme doit être régénéré avant de se convertir me parait aller plus loin que ce que dit la Parole. L’action de l’esprit est préalable certes mais n’est pas encore la régénération.

En revanche, l’appendice en fin d’ouvrage qui vise à distinguer la vraie foi à salut et la foi illusoire est une véritable invitation à examiner notre conscience devant le Seigneur. Nul doute que chaque lecteur aura de quoi méditer sur sa vie personnelle et revenir à Dieu de tout son cœur pour s’attacher à lui en vue de le glorifier. 

J.L.

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