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Dieulefit ou le miracle du silence - Présentation

1426.jpg      A rebours des regards monolithiques, des appréciations simplistes, Anne Vallaeys nous entraîne à la découverte d’une belle histoire, de l’histoire d’un village : Dieulefit ou le miracle du silence. Ni roman, ni étude historique, ce texte prend la forme d’un récit d’histoires où s’enchevêtrent, avec bonheur et réussite, petite et grande histoire.

     Cette petite ville que domine la présence massive et austère de son Temple devint pendant la seconde guerre un lieu d’asile, un havre de paix soutenu par une communauté tout entière. D’abord l’école Beauvallon, fondée par deux femmes protestantes passionnées de nouvelles pédagogies, qui devient refuge, lieu de transit, figure de proue d’une résistance générale. Bien sûr, des figures individuelles surgissent, saluées par Yad Vashem, telle cette jeune fille, Jeanne Barnier, de 20 ans, secrétaire de mairie de son état, qui se faisant faussaire sauva des centaines de réfugiés, juifs ou non. Dans cette foule bigarrée, entrainée par quelques destins individuels, le lecteur découvre des univers qui se croisent ; celui du collège de la Roseraie, de la Résistance, des réseaux intellectuels de Mounier ou d’Aragon en passant par Andrée Viollis.

     Là, on y lit  l’entraide, les petites joies, la reconnaissance mais aussi les mesquineries, les déceptions et, par-dessus tout, la peur. Certes une peur bien atténuée par cette muraille du Silence que la communauté Dieulfitoise a édifiée autour de ses secourus, mais une peur qui ressurgit lors des rafles de 1942 ou quand les rumeurs gagnaient le bourg sur la montée de la milice ou de la gestapo. Pourtant, en écho aux meurtrissures de leurs pères, victimes de la révocation et de la persécution du « Roi-Soleil », les protestants de Dieulefit, d’autres aussi, sans mot d’ordre, sans plan préétabli, et même avant l’interpellation de leur pasteur Henri Eberhard qui disait : « La moitié de la France se dissimule, l’autre aura-t-elle le courage de lui assurer l’hospitalité ? », sauvèrent des juifs. Pierre-Vidal-Naquet en 1987, se souvenait encore de ce village « singulier » qui l’accueillit au milieu des ténèbres. 

 F.B. 

Anne VALLAEYS, Dieulefit ou le miracle du silence, Récit, Fayard, 2009, 244pp

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