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Cycle Lire l'Apocalypse (IV) : L'Apocalypse, architecture en mouvement, de Jacques ELLUL

jacques-ellul-l-apocalypse-architecture-en-mouvement-o-2830912888-0.jpgSon originalité apparaît dès le sous-titre : « Architecture en mouvement ». L’auteur choisit de considérer l’Apocalypse comme une structure harmonieuse, où l’unité et la diversité entretiennent une relation pneumatique, dynamique et progressive ; le tout s’organise autour d’un axe central, celui de l’Incarnation de Christ (Incarnation – Mort – Résurrection, qu’il appelle la « clef de voûte » et qui correspond aux ch. 6 à 14), évènement et crise à la lumière desquels s’éclaire toute la Révélation (apocalypsis).

 

Car le livre de la Révélation est livre de la Révélationde Christ (moyen et contenu, 1 :1), de son œuvre et de ses conséquences pour le monde et l’Histoire. Ainsi les cataclysmes évoqués sont la conséquence de l’Incarnation (et non plus une période reléguée à la fin de l’Histoire), et du séisme que provoque le renoncement de Dieu à sa puissance, en Christ à la croix. La « fin des temps », qu’inaugure la venue de Christ en chair est alors marquée par la crise : la présence de l’Agneau dans le monde (puis au travers de son Eglise) est, déjà, jugement des puissances. Et c’est ce conflit qui produit l’Histoire.

 

Si nombre de ses interprétations interpellent (la Bête et la propagande, la divinisation du politique…), elles ne sont pas moins nombreuses à laisser circonspect : les 2 témoins, le Livre fermé de sept sceaux assimilé à un « Livre de l’Histoire »… Mais le christocentrisme radical trouve son paradoxe dans deux thèmes développés de manière importante, le Jugement et la Récapitulation dans la Jérusalem céleste, tous deux problématiques. Visiblement tourmenté par la question (qui revient sans cesse), Ellul refuse de considérer que le jugement de Dieu s’exerce contre les hommes, mais qu’il sanctionne à la fois (et seulement) leurs œuvres et les puissances spirituelles de rébellion ; Christ, dans une vision sublimée de son amour – héritée de Barth –assume à la croix le châtiment de tous les hommes, le rendant définitivement impossible - au risque de reléguer le salut par la foi, fondement de la Réforme, au statut de hochet. Plus intéressant, et plus troublant, est son approfondissement de la doctrine de la Récapitulation. La Jérusalem Céleste, lieu de l’amour parfait, de la réconciliation totale entre Dieu et les hommes, qui en Christ, résume et assume leur Histoire partagée. Elle est Ville et non plus jardin comme au début, manifestation de la grâce par excellence, car Dieu tient compte de l’œuvre des hommes, la récupère, la sanctifie, et donne sa dimension plénière au projet humain concrétisé par la ville : unité, force, sécurité, rayonnement.

 

Certains aspects demanderont donc une méditation approfondie. Il convient de le lire avec sévérité, mais de le lire de près.

S.Z. 

 

 

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