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"Avec des cris de joie": petite histoire d'un cantique populaire (II)

2. Maternité d’ “Avec des Cris de Joie”:

Christiane Issarte et Luc Warnon, au début de l’Entreprise Timothée

En réalité, “Avec des cris de joie” est l’oeuvre de Christiane Issarte. Née Zehr en 1951, ayant grandi dans les milieux mennonites (Toul,

Christiane Issarte – 1974

puis Sarrebourg), très engagée dans le groupe de jeunes marqué par l'influence de Joseph Muller(1), elle participe aux campagnes d’évangélisation qu’organise Jean-Jacques Rothgerber dans l’Est de la France. C'est là qu'elle rencontre Daniel Issarte. Ils se marient en 1973 et elle l’accompagne dans la création de la maison d’accueil à Anduze, d’abord appelée provisoirement “La Cévenole”, puis “Entreprise Timothée” et enfin “Mission Timothée”. Lors des camps et des méditations bibliques qui rythment le quotidien de la maison, c’est elle qui, les premières années, entraînera le chant à la guitare.

 
Je suis allé la questionner sur les circonstances de la composition de ce chant, voulant comprendre. “Avec des cris de joie” n’était pas son premier essai : “Nous avons grandi avec la certitude de la fin des temps et la crainte de la persécution. J’ai commencé à écrire des cantiques pour moi ; je voulais pouvoir retenir les textes de la Parole au cas où nous serions privés de Bibles.” (Pour faire justice à une conversation avec Christiane, et l’humour sérieux qui la sous-tend, il faudrait prendre la plume du romancier, et ce n’est pas le lieu…). Quant à la naissance d’ “Avec des cris de joie”, la réponse n’est pas moins originale : “Et bien je n’ai rien fait. Daniel est venu me voir avec le texte, il m’a demandé si je pouvais le mettre en musique. J’ai dit oui, me suis assise avec une mélodie que j’avais dans la tête, et voilà. J’ai regardé si ça allait. Et ça allait.” Ainsi est né, sobrement, l’hymne ambassadeur des “Timothées”.
 

1er recueil éponyme “Avec des cris de joie” – entre 1976 et 1979

Dans le premier recueil “éponyme” (auquel le chant donne son nom), et formé pour l’essentiel de compositions originales, il tient le n°10, place qu’il ne quittera plus par la suite. La date d’édition en est imprécise, entre 1976 et 1979.

L’enregistrement effectué l’été 1978 le fait apparaître sur la K7 “Avec des cris de joie n°2″, que vous pouvez entendre ici dans sa version originale, avec en voix principale, la même Christiane Issarte (un timbre d’Europe centrale, cristallin, passé par la discipline de l’hymnologie mennonite) :


podcast

K7 “Avec des cris de joie n°2″ (1978), aujourd’hui objet introuvable et collector

(1) Sur l'atmosphère des groupes de jeunes dans l'Eglise mennonite de Toul, on peut lire "La formation des jeunes, Joseph Muller et le Réveil de Toul", dans Jean SEGUY, Les assemblées anabaptistes-mennonites de France, Paris, Mouton,  1977, pp.585-589. Pour comprendre  l'histoire de la Mission Timothée, enracinée dans la tradition mennonite, on ne peut faire l'économie de cette lecture. 

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