Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ethique et société - Page 3

  • Jacques Ellul et la théologie

    photo.JPGComme l'a montré Frédéric Rognon dans un article récent de Foi et Vie (mai 2014), Jacques Ellul bénéficie d'un regain d'intérêt impressionnant, marqué tant par les ré-éditions de ses livres, que les articles et les colloques. C'est une bonne chose, malgré tout, car ce penseur protestant atypique a encore des choses à nous dire ; mais il n'est pas sans poser un certain nombre de problèmes.

    Pourtant, c'est justement le versant le plus ambigu de ses écrits qui est resté dans l'ombre : celui, spirituel, de l'Ellul bibliste et (anti-) théologien. Sa lecture, innovante, dialectique et parfois discutable de la Parole méritait qu'on s'y penche, et c'est chose faite.

    Ainsi, ce recueil dirigé par Yannick Imbert vient ouvrir une brèche, en proposant une approche critique de son versant théologique. Une première partie aborde la question de sa dialectique : ses origines, ses présupposés, ses conséquences. La deuxième partie se penche sur des thèmes théologiques spécifiques et controversés (sa vision du Jugement, la question de la Récapitulation, l'herméneutique, la prière) ; cette partie est introduite par un excellent panorama de Frédéric Rognon sur les relations d'Ellul avec les théologies de son temps. Et enfin, une dernière partie est consacrée aux implications de sa théologie dans la société (la Ville, la propagande, etc...) 

    Le plus étonnant, mais aussi le plus vivifiant, est de voir les nombreuses provenances des auteurs, les raisons fort différentes de leurs critiques, et le tri qu'ils opèrent. La fécondité d'Ellul a pour corollaire un héritage contrasté, en tension, assez polémique au final.

    A noter aussi que cette parution inaugure une collection prometteuse : sont prévus un volume sur Jean Brun et Francis Schaeffer

    Voir aussi sur le blog :

    - autour de Jacques Ellul

    - fiche de lecture détaillée de La raison d'être

  • [conférence] La guerre juste existe-t-elle?

    Bientôt la conférence de clôture de notre cycle "Le protestantisme et la guerre", avec une approche non plus historique, mais philosophique du sujet.

    Emmanuel Pasquier.png

  • Une question de taille : présentation du dernier essai d'Olivier Rey

    9782234077652-X.jpg

    "Partout où quelque chose ne va pas, quelque chose est trop gros"... Et si la question de la "mesure" et des proportions était au coeur des problèmes de la modernité?

    Nous vous avions rapidement tenu au courant de la publication du dernier essai d'Olivier Rey, Une question de taille (Stock). Michel Beres nous a aimablement transmis une présentation qui vous mettra l'eau à la bouche, et que vous trouverez ci-dessous:

    Lire la présentation d'Olivier REY, Une question de taille, Stock, 2014

    ou sur .pdf ici.

  • "Transmettre de génération en génération":Catherine Chalier à la Librairie Jean Calvin

    Catherine Chalier 1.png

    Catherine Chalier 2.png

  • Bientôt chez votre libraire : le dernier livre d'Olivier Rey

    olivier rey,essais,philosophie,épistémologie,une question de taille,stock,modernité,anciens et modernes,démocratie,mathématiques

    Les amis de la Librairie Jean Calvin commencent à connaître Olivier Rey, philosophe et mathématicien, auteur de plusieurs essais importants. Nous avions fait la recension plus particulière, sur ce blog, d' Une folle solitude, le fantasme de l'homme auto-construit (Seuil), avant de l'inviter pour une conférence le 29 novembre 2013 (écoutable ici).

    La sortie de son prochain livre, Une question de taille (Stock) (mauvais esprits s'abstenir, il y est question de mesure!) est prévue pour le 8 octobre prochain:

    olivier rey,essais,philosophie,épistémologie,une question de taille,stock,modernité,anciens et modernes,démocratie,mathématiques"Pourquoi les araignées géantes des films d'horreur ou les Lilliputiens que découvre Gulliver au cours de ses voyages ne se rencontrent jamais « en vrai » ? Parce que dans la réalité, la taille n'est pas un paramètre que l'on pourrait fixer à volonté : chaque être vivant n'est viable qu'à l'échelle qui est la sienne. En deçà ou au-delà, il meurt, à moins qu'il ne parvienne à se métamorphoser. Il en va de même pour les sociétés et les cultures. La plupart des crises contemporaines (politiques, économiques, écologiques, culturelles) tiennent au dédain affiché par la modernité pour les questions de taille. Nous mesurons tout aujourd'hui, des volumes de transactions à la bourse aux taux de cholestérol, de la densité de l'air en particules fines au moral des ménages. Mais plus nos sociétés se livrent à cette frénésie de mesures, moins elles se révèlent aptes à respecter la mesure, au sens de juste mesure. Comme si les mesures n'étaient pas là pour nous aider à garder la mesure mais, au contraire, pour propager la folie des grandeurs." 

    Ce livre s'attache à décrire et comprendre par quelles voies, au cours des derniers siècles, nous avons perdu la mesure. Et aussi ce sur quoi nous pourrions nous fonder pour la retrouver, afin de mener une vie authentiquement humaine.

    A bientôt donc chez votre libraire!

    En attendant, Eugénie Bastié (FigaroVox) l'a lu, et en voici un aperçu : "L'occident a-t-il la folie des grandeurs?"

     

  • Chrétien, l'autre nationalité: le nouveau dossier de Christ Seul

    Chretien-l autre nationalite.jpgLa quête de reconnaissance des évangéliques dans l'espace public, leur désir d'influencer le politique, et de promouvoir des "valeurs chrétiennes" pose un problème théologique grandissant au sein des églises.

    L'enquête magistrale du sociologue Philippe Gonzalez (Que ton règne vienne, Labor et Fides), a récemment permis une prise de conscience des dangers de cette prétention.

    Le dernier dossier de Christ Seul (Editions Mennonites) revient, en quelques brefs articles, sur cet enjeu de taille : comment comprendre cette double appartenance du chrétien au Royaume de Dieu et à la "cité d'en-bas"?

    Pour ce faire, les auteurs questionnent différents slogans ayant cours dans le monde évangélique, véhiculés notamment par les chants de Jeunesse en Mission :

    Qu'est-ce que cela veut dire quand l'on proclame le nom de Jésus-Christ sur notre pays? Faut-il prier pour avoir un président chrétien? Faut-il militer pour une reconnaissance de l'héritage judéo-chrétien dans nos pays occidentaux ? Que penser de la devise "Changer les coeurs pour changer la nation", etc...

    Autant de questions abordées avec clarté, simplicité, et dont le mérite est de dévoiler les nouvelles confusions à la mode tout en insistant sur l'appartenance première du chrétien à la "cité d'en-haut".

    Ce dossier constitue une nouvelle étape dans la prise de conscience nécessaire de ces dérives, mais demanderait d'aller plus loin. Dans un article de 2005, paru dans Théologie évangélique, Sébastien Fath faisait une distinction utile entre la recherche d'une "Cité de Dieu" ou de "Dieu dans la cité". 

    Les évangéliques français seraient, en général, plutôt partisans de "Dieu dans la cité", c'est-à-dire d'une influence positive de la foi, dont les répercussions sociales accepteraient le jeu laïque/démocratique sans chercher de suprématie. Une ambition moindre que la "Cité de Dieu" et l'espoir d'un dominion chrétien, théocratique, où la Loi de Dieu serait imposée à toute la société.

    Or il me semble que "Cité de Dieu" et "Dieu dans la Cité" participent au fond d'un même état d'esprit, même s'il se coule dans des moules politiques différents, laïque/démocratique ("Dieu dans la Cité") ou théocratique ("Cité de Dieu"). Et cet esprit est celui que motive une quête de reconnaissance, de visibilité et, malgré tout d'appartenance au monde, sous prétexte de "témoignage" (quels compromissions ce terme n'aura-t-il pas suscité!). 

    Quoiqu'il en soit, un dossier qui arrive à point et rentre dans des préoccupations importantes. A lire, donc!

    Contributeurs: Neal Blough, Nicolas Farelly, Philippe Gonzalez,Christophe Paya, Michel Sommer, Marie-Noëlle von der Recke, Thomas Gyger.

  • L'esthétisation du monde

     

    lipovetsky.jpg

     

    Qui se souvient du cri de rage de Baudelaire dans Le mauvais vitrier : "La vie en beau! La vie en beau!"? L'exigence désespérée du dandy s'est transmise à tout un monde. 

    En effet, quel est le point commun entre le MacBook et Disneyland, la brosse WC de Casa et la nouvelle décoration des centres commerciaux? L'exigence esthétique du moindre détail quotidien, la stylisation et la mise en scène de la vie ordinaire via les réseaux sociaux, la décoration, le design, la mode, et j'en passe, sont devenus la stratégie et le but d'un "capitalisme d'hyper-consommation".

    Pour Gilles Lipovetsky, nous vivons à "l'âge du capitalisme artiste":

    "Le capitalisme artiste est cette formation qui branche l'économique sur la sensibilité et l'imaginaire [...]. Sous son règne, la recherche rationnelle du profit s'appuie sur l'exploitation commerciale des émotions, via des productions de dimensions esthétiques, sensibles, distractives." (p.42) 

    En schématisant (bien comme il faut), l'auteur fait traverser à l'art quatre grandes périodes : assumant d'abord une fonction rituelle ou sacrée , l'art est progressivement devenu une valeur en soi, privilège d'une aristocratie qui affirmait à travers l'esthétique sa supériorité sociale. A l'époque moderne, l'art devient quasiment religion, l'artiste prophète, jusqu'à culminer dans "l'art pour l'art" et ces temples mortuaires de la beauté que sont les musées. 

    Après l'art-pour-les dieux, l'art-pour-les princes, et l'art-pour-l'art, nous en sommes à l'art-pour-le marché. La beauté des biens de consommation. Chaque individu pape du goût un catalogue à la main. Individualisme, surenchère dans la créativité, prolifération des initiatives, des styles, uniformité anarchique. Le système, qui n'est pas à un paradoxe, est en surchauffe. 

    Gilles Lipovetsky désosse ainsi notre univers kitsch et sa logique esthético-commerciale. Sans pessimisme. Avec des longueurs. Et des répétitions. Il est perspicace, mais il faut de la patience et ne pas s'irriter des adjectifs qualificatifs en cascade, de leur précision lassante.

    Néanmoins, le lecteur est mis à nu dans sa part d'artifice, dans sa prétention esthétisante. Démesurément commune et partagée. J'en ai éprouvé quelque honte, et c'est un bon début. Comme le disait Philippe Muray, la plus rude bataille contre qui doit-on la livrer? "Contre tout ce qui fait de vous un enfant de son siècle. "

    Petite présentation vidéo ici :

     

  • Tatouages et piercings : quelle signification pour le chrétien?

    4797.jpglrft8.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    On a pu lire il y a quelque temps un débat sur les tatouages et piercings pour les chrétiens, à partir d'un texte de John Piper (lire sur NotreEglise.com).

    Le débat, intéressant et important, met en question le rapport du chrétien à son corps, à la culture ambiante, ainsi que, plus profondément, son rapport à la Loi de l'Ancien Testament qui définit la sainteté voulue par Dieu.

    Jonathan nous présente deux approches (un livre et un article)  pour éclairer la question. 

    Lire la suite.

     

  • Le pardon et l'oubli

    9782914144322.jpgAu cœur du Royaume de Paix, il y a l’évangile de la réconciliation, fondé sur le pardon. C’est cette réalité que Jacques Buchhold explore dans son livre, dont l’exigence est bien claire dans le Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé ».

    Le chemin du pardon n’est pourtant pas évident : pourquoi pardonner, et surtout comment ? 

    Le pardon et l'oubli suit l'enseignement biblique au plus près. Il met l’accent sur le fait que l’offense et le pardon ne sont pas à considérer sur le plan humain seulement, mais devant Dieu. Le pardon est un appel de Dieu, qui se révèle dès l’Ancien Testament comme le « Dieu des pardons » ; et l’offense est une atteinte à l’autre et à Dieu.  A ce titre, elle est un péché et appelle la repentance.

    De ce fait, l’auteur évite le psychologisme, tout en restant très concret : l’offense et la haine font des ravages dans les cœurs, et détruisent des existences. C'est bien dans notre chair que nous souffrons et luttons. 

    Il évite aussi le piège de relire toutes les Ecritures à cette unique lumière, comme sont tentés de le faire les chrétiens adeptes du pacifisme. A trop insister sur la « paix », on la transforme en idéologie et la violence juridique de l’expiation n’est plus compréhensible ; progressivement, on  est contraints d'en relativiser la valeur. Or c’est elle qui rend possible le pardon. Le reste n'est que bons sentiments.

    Le livre n'est pas nouveau, mais ce qu'il dit, et la manière dont il le dit, est intemporel. Nous sommes engagés à le méditer pour le vivre. 

  • La foi chrétienne et les défis du monde contemporain

    9782755001945.jpgLa collection OR des éditions Excelsis brille au sommet de la production protestante et évangélique. Chaque année, elle nous gratifie d'un manuel de référence, soigné, original et complémentaire des autres titres de la série.

    Cet automne, c'est un Dictionnaire d'apologétique, dirigé par Christophe Paya et Nicolas Farelly, qui vient l'enrichir. Les articles cherchent à rendre compte de la foi biblique dans la perspective des grands enjeux contemporains : culturels (les chrétiens et l'art, etc...), éthiques (le corps, la famille, la sexualité...), scientifiques (critique textuelle, bioéthique, etc...) ou philosophiques et religieux (le mal, la vérité, l'islam).

    L'ouvrage n'échappe pas aux lois du genre, d'excellents articles en côtoient de moins convaincants. Il s'agit néanmoins d'une mine de renseignements sur la pensée évangélique d'aujourd'hui, avec ses forces - des fondements théologiques et éthiques solides - et ses faiblesse - notamment dans ses rapports trop dociles avec la culture, qui nourrissent une ambiguïté entre l'Eglise et le monde.

    Voilà donc un incontournable à acquérir promptement. Une belle et utile idée cadeau pour les fêtes!

    Voir aussi : la liste des articles et leurs auteurs respectifs.

    Voir aussi : la présentation sur le blog de Matthieur Richelle.

    Voir aussi : la présentation sur le blog de Christophe Paya.