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  • "Les bourgeois, c'est comme..."

    jacques ellul,métamorphose du bourgois,sociologie,philosophie,éthique protestante,marxisme…vous et moi. La bourgeoisie, d’abord classe sociale issue des affaires, a fini par léguer ses valeurs à l’ensemble de la société. Donc à vous et moi. Nous sommes tous des bourgeois. Jacques Ellul nous dit que l’idéal bourgeois par excellence est le bonheur : la quête du bonheur, le « droit » au bonheur inscrit dans la constitution américaine, les Lumières, tout ça, ben c’est du pur bourgeois.

             On aurait voulu la circonscrire à la propriété privée, à la possession des capitaux… C’eût été si commode ! Mais son idéologie, bien plus complexe, a pénétré même ses plus ardents détracteurs. Moins on veut l’être plus on l’est, comme dans la chanson de Brel.

             Alors, qui est le bourgeois ? 

             Le bourgeois est multiforme ; il est d’abord une affaire de représentations. Il se représente lui-même à la conquête du monde, industrieux, athée démystificateur (le bourgeois, contrairement à ce qu’on pense, ne croit pas en Dieu, il l’utilise), innovant, optimiste et scientifique ; il est le bourgeois des artistes, ridicule, médiocre, snob, cocu ; ou le bourgeois des prolétaires, vautour exploiteur ou celui des intellectuels : un Salaud à la conscience fausse, une élite pleine de bons sentiments et championne des œuvres philanthropiques. Mais de quelque manière qu’on les peigne, dans leurs évolutions et leurs contradictions, ses visages recouvrent un « être bourgeois » que Jacques Ellul analyse avec cette verve qu’on aime tant.

            Parmi les invariants de l’être bourgeois, n’allez pas chercher l’argent.

            Non, le bourgeois a pour dogme le bonheur, défini comme bien-être ; c’est à cela que tendent toutes les causes secondes : biens, religion, action (industrie, travail), culture…

         Mais une telle quête de confort appelle des justifications ; le bourgeois, typiquement, ne supporte pas l’image qu’il se renvoie de lui-même ; ainsi, la raison sociale (-iste) émerge non comme contestation, mais comme caution : la gauche est la bonne conscience de la bourgeoisie.  Il n’y a pas plus optimiste, charitable et progressiste que le bourgeois.

             La justification de son idéal culmine dans son incroyable force de récupération. Le génie de la bourgeoisie digère, absorbe et castre ceux qui prétendent s’y opposer ; il convertit ce qui le subvertit :

     « Il s’agit par des mutations imperceptibles de convertir en argent, en honneurs, en considération la vie de ces témoins, de ces créateurs » (p.129).

    Le panthéon des maudits ne lui fait pas peur, ils finissent toujours par servir, morts ou vifs, la même cause du bien-être : la culture pour tous remplit cette fonction. Elle est l’art de désamorcer les bombes. Et ce qui nous intéresse au premier chef, c’est que si le bourgeois annexe les artistes, il annexe aussi les chrétiens, en changeant la foi en morale.

            Sans craindre les généralités, avec une analyse audacieuse et parfois jouissive (faire de la gauche l’accomplissement de la morale bourgeoise !), Ellul nous montre aussi combien le christianisme est investi, voire complice de son esprit, au risque de perdre ce qui fait son sel.  Dans l’être bourgeois, la foi sert le confort moral des individus : il n’y a plus de place pour le scandale, celui de la croix et celui des incompréhensions propres à la vie chrétienne. 

             Métamorphose du bourgeois donne du recul par rapport aux réflexes mentaux que nous avons tous, parce que nous baignons dans ce jus. Céline disait que les prolétaires étaient des bourgeois qui n’avaient pas réussi. La mentalité bourgeoise n’est pas une affaire de classe sociale ; elle est la haine du scandale, de ce qui fait grincer un bonheur horizontal et vécu pour la terre. 

  • Ce samedi : Franck Belloir à la Société de l'Histoire du Protestantisme de Montpellier

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    Ce samedi (30 novembre) vos libraires seront à la Société de l'Histoire du Protestantisme de Montpellier pour écouter l'un des leurs! Franck Belloir nous parlera de Daniel Benoit, pasteur et historien du XIXe siècle "à la recherche d'une mémoire vivante". Ses nombreux travaux, qui concernent en premier lieu la période du Désert, montrent une écriture originale de l'histoire du protestantisme.

    Entre histoire, historiographie et mémoire huguenote, la conférence s'annonce riche à bien des niveaux. Venez nombreux à 16h au Temple de la rue Brueys!

    Voir aussi : les titres disponibles de Daniel Benoit.

  • Demain, Calvin chez les Généalogistes des Cévennes

    La librairie aura le plaisir de tenir un stand demain, à l'occasion de la réunion trimestrielle de l'Association des Chercheurs et Généalogistes des Cévennes :

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  • Le philosophe Olivier Rey à la Librairie Jean Calvin!

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    La librairie accueillera le vendredi 29 novembre 2013, à 20h30, le philosophe Olivier Rey. Le titre de la conférence est le même que l'un de ses livres :

    "Une folle solitude, le fantasme de l'homme auto-construit"

    Nous avions énormément aimé l'auteur et son livre, et tenté, dans la mesure de nos moyens, de vous donner un aperçu de la profondeur et de la justesse de sa réflexion dans une série de billets que vous pouvez retrouver ici

    C'est pourquoi nous vous invitons, tout particulièrement, à ne surtout pas manquer l'occasion de l'écouter.

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  • Hymnologie méthodiste : un chapitre à découvrir

    8624.jpgA l'occasion de la journée d'études de la SEMF (détails ici), petit clin d'oeil à Wesley dans un livre où à priori on ne l'attendait pas. Le Christ des lumières, de Bernard Cottret, consacre un chapitre passionnant à la « sainte scène musicale » du XVIIIe s.

    « L’assemblée méthodiste est une assemblée qui chante… » écrit-il. Loin d’être une tautologie, cette affirmation replace en perspective un élément décisif de l’expansion du méthodisme : le chant. Il est possible d’affirmer qu’ « ils furent, au moins autant que les sermons, et sans doute davantage, l’instrument privilégié de la prédication méthodiste, en s’adressant au cœur et à l’esprit des fidèles » (p.142). Or l’étude du méthodisme implique aussi la connaissance de sa théologie et de sa spiritualité, composantes essentielles de sa dynamique historique.       

             Concluant un superbe panorama passant par Bach et Haendel, l’hymnologie méthodiste y est analysée à la jonction de l’histoire et de la théologie. En grande partie forgée dans une réaction au « rationalisme d’Eglise » qui tend à enfermer le Christ dans l’humain Jésus, le méthodisme insiste sur le serviteur souffrant, une « mystique du sang » et la valeur expiatoire de son sacrifice. A la fois résolument orthodoxe et lyrique, collectif et personnel, le chant wesleyen contribue, auprès des populations défavorisées sous l’effet de l’industrialisation, à l’appropriation existentielle d’un Christ Dieu et Sauveur.

    A lire pour en savoir plus : Bernard Cottret, Le Christ des Lumières, Jésus de Newton à Voltaire, « La sainte scène musicale », Paris, Cerf/CNRS, 2011, pp 119-150, 8€

    Ecouter : le dialogue de Bernard Cottret et Franck Belloir au sujet du livre.

     

  • Ce week-end au Centre Evangélique de Lognes 2013

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    Comme les années précédentes, vos serviteurs seront au Centre Evangélique de Lognes le week-end prochain: les 17, 18 et 19 novembre 2013.

    En général, notre sélection essaie de combiner harmonieusement les meilleures références (en sciences humaines, éthique et histoire du protestantisme notamment), des classiques en poche, et les nouveautés les plus saillantes ou les plus originales, que l'on peine à trouver ailleurs. Par exemple cette année, le journal du frère morave Fries, Le réveil des coeurs ou encore le déjà fameux Atlas des Camisards.

    Nous vous espérons nombreux!