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Annie la mennonite et Guillaume Apollinaire

9782868204752FS.gifVoici un poème d'Apollinaire, que l'on pourra ajouter à la très belle Anthologie protestante de la poésie française, dont nous vous avions déjà parlé, et qu'il vaut toujours autant la peine de se procurer. A la fois mélancolique et et d'un humour qui tire à l'ironie, le poème met en scène la rencontre imaginaire du poète et de l'être aimé qui l'a repoussé ; il y reproduit le cliché de la protestante austère ennemie des plaisirs. Pourtant, la communion opère à distance et malgré elle, dans la solitude partagée, le dénuement, et la littérature...

ANNIE


Sur la côte du Texas
Entre Mobile et Galveston il y a
Un grand jardin tout plein de roses
Il contient aussi une villa
Qui est une grande rose
 
Une femme se promène souvent
Dans le jardin toute seule
Et quand je passe sur la route bordée de tilleuls
Nous nous regardons
 
Comme cette femme est mennonite
Ses rosiers et ses vêtements n’ont pas de boutons
Il en manque deux à mon veston
La dame et moi suivons presque le même rite

Guillaume APOLLINAIRE, Alcools

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