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Anthologie protestante de la poésie française

9782868204752FS.gif"Dix heures et demie, heure des longs services

Divins. Les cloches, par milliers, chantent dans l'air,

Sonore et volatil sur d'étranges caprices,

Les Psaumes de David s'ébrouent en brouillards clairs."

Savez-vous de qui sont ces vers sur le culte protestant, légers et musicaux?

De Verlaine. Vous les trouverez dans son poème Londres, à la page 140-141 de la nouvelle Anthologie protestante de la poésie française, de Philippe François.

Cette petite merveille vient combler une lacune : elle rassemble en un volume les textes poétiques les plus marquants qui ont trait au protestantisme, soit dans leur histoire, soit dans leur inspiration revendiquée, soit dans leur sujet. C'est ainsi que le lecteur trouvera tant du Agrippa d'Aubigné que du Alfred de Vigny, dans un poème sur la Saint Barthélémy. 

Surtout, le lecteur découvrira une mine de textes saisissants, curieux ou méconnus : Psaumes de Marot et de Bèze, poèmes plus  romantiques de Napoléon Peyrat ou Alexandre Vinet, les Rayons perdus de Louisa Siefert qui firent les délices du jeune Rimbaud...

Le recueil est divisé, de manière originale, en quatre parties thématiques qui sont autant d'affinités représentatives de la poésie protestante : "Bible" (poèmes d'inspiration portestante sur des thèmes bibliques), "Histoire", "Liturgie" (autour du culte, psaumes, prières), et plus bizarrement, "Fin", regroupant des poèmes ayant trait à la mort et aux fins dernières. 

On regrettera peut-être que l'appareil critique ne soit pas un peu plus développé (introductions, brèves analyses, et surtout, on aurait aimé une approche esthétique), mais peut-être la poésie ainsi dégagée prend-elle plus d'importance en elle-même, et concentre-t-elle le plaisir de la lecture. Quelques manques: Ruben Saillens, le Annie d'Apollinaire (erratum : le recueil va du XVIe au XIXe!), ou même un extrait des Nourritures terrestres, pourquoi pas (à moins de les avoir manqués...)? 

Quoiqu'il en soit, une référence littéraire à ne pas manquer, et aussi, un cadeau à offrir. Comme l'écrivait Madame de Staël dans De l'allemagne : "La poésie est le langage naturel de tous les cultes. La Bible est pleine de poésie...".

 

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