16.05.2012
Chronique d'une mort annoncée

Normalement, si tout se passe comme prévu, nous ne devrions pas tarder à mourir (en tant que petite librairie indépendante).
Voici un article de l'éditrice Héloïse d'Ormesson, paru dans La Croix, qui défend la "cause des livres", noble cause perdue que nous voyons tels le guépard de Lampedusa, s'éffriter.
(Si vous avez du mal à lire, vous trouverez aussi l'article dans Libé: ici.)
A lire aussi, Yann Moix "Orgie numérique".
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15.05.2012
Gide revient : 2e épisode
Yann Moix poursuit ses entretiens avec Frank Lestringant, auteur d'une biographie d'André Gide superbement écrite, dont le premier tome est paru récemment chez Flammarion. Nous attendons le 2e pour la rentrée.
L'enfance de Gide, fabrique d'un lost boy du protestantisme :
13.05.2012
En passant, L'Esclave libre
Les romans de Robert PENN WARREN ont été largement occultés par des monuments comme Autant en emporte le vent, ou les romans de Faulkner. Voici en passant une fiche du plus connu d'entre eux, L'esclave libre.
L’intrigue a pour scène un Vieux Sud mythique en déroute – plantations, Mississipi, fatalisme moite, grandeurs et décadences d’une société aristocrate foncière… Amantha Starr, fille d’un riche planteur du Kentucky, découvre à la mort de son père ce que chacun savait mais n’osait lui dire: elle est en réalité la fille d’une beauté noire qui avait partagé naguère le lit du maître de Starrwood; elle n’appartient pas au monde des gens libres. Car règne encore l’antique loi du Sud: son père n’ayant pas laissé de testament, la demeure est mise en vente et elle-même, en qualité de fille d’esclave, fait partie du lot…
Palpitant et entraînant, le roman met en intrigue la quête de liberté de la jeune femme, soumise aux combinaisons douteuses du sort et des puissants, aux aléas de sa condition de bétail humain. Elevée au collège Oberlin, haut lieu de l’abolitionnisme fondé par le pasteur revivaliste Finney (1792-1875), notre héroïne connaît sa leçon, et tous les
C.G. Finney, pasteur à l'origine du Second Réveil et fondateur du fameux Oberlin College, qui sera une pépinière de prédicateurs abolitionnistes radicaux.
développements de la rhétorique des défenseurs des noirs. Mais Robert PENN WARREN approfondit le problème ; dépassant le clivage des anti/pro-esclavagistes, il redessine les contours de cette servitude, les déplace et les enracine au cœur de l’humain et de sa contradiction. Le roman s’ouvre sur cette exclamation, bien plus existentielle que sociale : « Si seulement je pouvais être libérée… »
La liberté n’y est pas en priorité une frontière extérieure à franchir, ni un statut. Elle est un appel spirituel et toujours en rapport avec une conscience profonde du péché, de la culpabilité : « Sans doute est-ce précisément ce que chacun désire, le rachat » lui dit, non pas un esclave, mais son nouveau maître, Hamish Bond (p.189). Et cette culpabilité sans nom, sans objet véritable, est la cause de tous les déterminismes néfastes, de la fatalité qui suinte dans l’atmosphère de ce Vieux Sud – une dette à payer qui explique le malheur ambiant :
Hélas, la logique de cette protestation humaine paraissait tout à coup futile, car ma culpabilité était là, elle m’enveloppait. Et la succession du crime et de la punition dans le temps n’avait aucune signification, puisque tout obéissait à une logique plus profonde, intemporelle. Dans la clarté de ce cauchemar éveillé, les sermons entendus autrefois à Oberlin m’apparurent chargés de réalité, jusque dans leur verbe même, et leur verbe devenait ma chair. (p.112)
Cette vérité lui permet d’ironiser aussi contre les abolitionnistes, et de faire grincer les clichés de leur propagande. Parmi les personnages mis en scènes, les propriétaires s’avèrent souvent plus humains, plus complexes, plus ambivalents, que les abolitionnistes fanatiques et puritains d’Oberlin, galvanisés par une Vérité qui doit s’imposer au détriment des hommes. La Vérité avec un grand V de la cause supérieure qui, dans son intransigeance, ne tolère aucune distinction, aucune nuance.
Or l’une des subtilités du roman tient dans ce traitement des clichés de la
littérature abolitionniste. Tout y est ; les bateaux à vapeur, les ventes à l’encan, les négociants sans scrupules, les gentils noirs, les esclaves abusées, les prédicateurs passionnés. Mais tout est miné : personne n’est libre. Personne n’est libre de soi, de son rôle, personne n’est libre des clichés qui le constituent, de la mémoire qu’on lui transmet, et surtout, personne n’est libre de ses propres contradictions : “…le seul calcul imprévisible, c’est nous-mêmes”(p.165). Et Amantha Starr est la vivante – et constante – expression de cette ambiguïté. Rachetée par Hamish Bond, elle commence par le haïr puis finit par l’aimer, elle sauve celui qui tente d’abuser d’elle, elle ne supporte pas d’être assimilée aux “nègres” malgré son origine et ses idéaux abolitionnistes…
Telle est la vocation de la littérature, reine du paradoxe, des frontières poreuses, et censément grande fossoyeuse de bonnes consciences, comme l’annonçait le titre. Nous sommes tous « esclaves libres », en quête de la réponse libératrice : “Nous sentons que si nous pouvons répondre aux questions, nous serons libres” (p.175). Mais le roman de Robert PENN WARREN ne cherche à délivrer le lecteur que d’une chose. L’assurance d’être du bon côté.
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11.05.2012
Jean-Pierre Bois sur Radio Interval : petite guerre et guerre des camisards
Les habitués du blog auront déjà pu entendre la conférence que Jean-Pierre Bois, spécialiste d'histoire militaire, avait donnée lors de la Semaine Cévenole 2012 pour la Librairie Jean Calvin.
Ce dernier avait un peu avant accordé une interview passionnante à Radio Interval (dont nous saluons au passage le travail), radio associative locale ; nous vous laissons l'écouter, questionné par Franck Belloir:
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09.05.2012
La bonne nouvelle du mois de mai: la Librairie a sa vente en ligne!!!
Voilà chers amis, c'est possible: vous pouvez désormais commander et payer directement en ligne vos livres sur Librairie Jean Calvin.fr! Le site Jean Calvin est une preuve en faveur de l'évolution ;-)
Tout un chacun pourra dès lors profiter de notre fonds si magnifique... on ne boudera pas ce plaisir.
Pour procéder il vous faut cliquer en haut à droite, et créer un compte:

Vous cliquez ensuite en bas à gauche sur "Créer un compte", après quoi tout est expliqué:

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07.05.2012
Gide et ses racines protestantes : la conférence de Frank Lestringant
03.05.2012
André Gide ou l'inquiétant retour d'un fils prodigue du protestantisme
Vous aurez vous aussi le plaisir de venir entendre Frank Lestringant, le biographe de Gide à la Librairie Jean Calvin le 11 mai 2012 ; pour calmer les ardeurs en attendant, voici la première d'une série de 6 interviews qui lui consacre Yann Moix, l'auteur de Podium :
01.05.2012
Livres rares : la bibliothèque d'Elie Gounelle, fondateur du Christianisme Social

La librairie Jean Calvin a acheté une bonne partie de la bibliothèque du pasteur Elie Gounelle, fondateur avec Wilfred Monod du Christianisme Social, ayant ardemment milité pour le pacifisme et l'oecuménisme.
La librairie inventorie, actuellement, l'ensemble de ce fonds qu'elle mettra en vente petit à petit. L'inventaire établi sera transmis aux musées du protestantisme qui le souhaiteront, permettant ainsi aux chercheurs de connaître les intérêts pluriels de ce grand homme du protestantisme français. Les revues seront données à des musées ou à des sociétés d'études, tandis que ses papiers personnels, après classement, seront offerts à la Société d'Histoire du Protestantisme Français.
La Librairie Jean Calvin espère ainsi, autant que faire se peut, contribuer très modestement à une meilleure connaissance du protestantisme français.
Exemple d'ouvrages retrouvés :
Les Missions Evangéliques - tome Afrique - éditions Georges Bridel - Lausanne - 1884
Les Missions Evangéliques - tome Amérique- éditions Georges Bridel - Lausanne - 1884
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30.04.2012
La librairie Jean Calvin vue du ciel
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25.04.2012
Générations Ellul, l'hommage par la postérité
Après avoir livré au public la première synthèse sur l’œuvre de Jacques Ellul (Jacques Ellul, Une pensée en dialogue, Labor et Fides), Frédéric Rognon apporte une contribution originale aux commémorations de cette année. Un bel hommage par la postérité.
LIRE LA SUITE DE LA PRESENTATION.
P.S.: A noter, le colloque de Bordeaux-Bègles, consacré au centenaire d'Ellul (12 mai 2012), dont voici le programme.
P.S.2: Voir aussi le programme de conférences de l'Association Internationale Jacques Ellul - Groupe Aix-Marseille.
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